La forme par le yoga, les formes du yoga

Certains commencent le Yoga pour la forme, la forme dans le sens de la santé

La forme par le Yoga, les formes du Yoga

La forme par le Yoga

Oui, la santé est meilleure quand une pratique régulière et constante est installée, mais cela n'est pas non plus le moyen d'éviter tous les accidents de la vie.

Faire du Yoga dans l'objectif de ne plus être malade est un écueil.

Certes, la santé s'améliore, mais il faut sortir du fantasme de devenir un surhomme et ne pas instrumentaliser sa pratique dans cet objectif.

On se sent mieux dans son corps et dans sa tête dans les périodes ou l'on pratique que dans celles où ce n'est pas le cas.

La posture victime de son succès

D'autres vont venir au Yoga attirés par le côté postural, comme une gymnastique ou un sport.

Nombre de magazines, livres ou sites nous montrent des photos de pratiquants dans des postures extraordinaires. Ces pratiquants ont un corps souple et musclé et semblent exécuter ceci sans aucune difficulté.

Mais est-ce là le sens du Yoga ? Seuls les gens souples peuvent pratiquer ? Les femmes, sveltes, au physique attrayant ? Si une personne ne peut pas se plier en deux elle ne peut donc pas faire de Yoga ? Elle n'est pas « bonne » en Yoga ?

La société actuelle se préoccupe plus du contenant que du contenu, et le Yoga est victime de cette banalisation esthétique. A trop s'attarder sur la posture, on en oublie le sens de la pratique.

Les formes du Yoga

Il s'agit de distinguer la forme et le fond. Pratiquer les postures de façon aboutie ne veut pas dire être un grand yogi, cela veut juste dire qu'on a un grand entraînement.

La posture est importante, car elle permet de mettre en mouvement le corps et d'y accorder le souffle et le mental.

Peu de textes anciens nous décrivent les postures de façon précise. Ces textes nous disent par contre que la posture est équilibre entre force et détente, faire et laisser faire.

La pratique évolue au cours de la vie. De très dynamique quand on est jeune et en pleine santé, elle s'adoucit au fur et à mesure que l'on vieillit.

Les techniques respiratoires et de méditations prennent le pas sur la pratique posturale progressivement.

Lâcher prise

Il convient de lâcher prise, abandonner la recherche d'absolu afin de se confronter au réel.

Un autre point important de la pratique posturale est "sortir du contrôle", contrôle sur son corps, son souffle, son mental...

Faire le choix d'être dans l'accueil de ce qui est et non pas dans l'écueil de ce que l'on voudrait qu'il soit.

L'état de Yoga est à la fois une action, une façon d'être dans les postures, et une conséquence de la pratique.
Cet état apparaît si l'action est juste, et c'est à ce moment-là que se révèle toute la subtilité du Yoga : à chacun son action adéquate.

L'action juste vient du questionnement sur le comment et non pas en se fixant l'objectif du beau. La posture parfaite n'existe pas dans sa forme, mais elle naît d'une action appropriée.

D'autre part, l'objectif n'est pas la maîtrise. Maîtrise du corps, du souffle, du mental, l'ascèse du Yoga peut parfaitement entretenir la personne dans son fantasme de maîtrise absolue.

Obtenir du Yoga un corps très souple et musclé est possible, mais qu'en est-il de l'état de Yoga ? Qu'en est-il de l'ego dans ce cas ?

Tout cela doit nous mener à moins d'ego, plus d'acceptation de ce qui est. Si ce n'est pas le cas, il me semble important de réfléchir sur le "comment" de sa pratique.

Qualité relationnelle

Le Yoga repose sur 8 piliers, la posture est un de ces piliers, mais elle n'est ni seule ni principale, et un pratiquant doué physiquement n'est pas nécessairement un pratiquant de Yoga.

L'action est le révélateur de notre avancement sur le chemin. Et, la première de ces actions est notre relation à l'autre. Bien avant la posture les textes de Yoga nous questionnent sur le "comment nous sommes en relation".

C'est au travers de la qualité de nos liens que nous pouvons juger de notre avancement sur le chemin.

Ensuite ce que nous proposent les Yoga Sutra c'est le questionnement sur soi, le précieux svadhyaya "aller vers soi", second pilier de cet enseignement, à envisager sur le long terme.

Le troisième de ces piliers du Yoga est la posture.

Puis viennent les techniques du souffle.

Nous est expliquée enfin la méditation en trois étapes.

Ces 8 piliers décrivent le champ d'action du pratiquant et l'on s'aperçoit que la posture n'est pas le Yoga mais une composante de cet enseignement.

La forme propre

L'aboutissement de ce cheminement est la connaissance de soi. L'établissement dans son "sva-rupa" sa forme propre et la sortie de la confusion action/observateur.

Le Yoga est un chemin vers plus de discernement et, même si cela n'est pas toujours aisé, l'aboutissement est la sortie de la confusion moi/action synonyme de souffrance.

Un des moteurs de cette distinction est "shraddha", la confiance. La personne n'est plus sous le diktat des injonctions extérieures, mais en connexion étroite à elle-même.

Son action n'est plus en réponse à l'environnement, mais vient du moi, de l'être profond, de l'observateur, de l'âme appelez-le comme vous voudrez, mais cherchez le car c'est l'objet de la pratique.

Pour nourrir votre réflexion voici une citation signée Ania Teillard :

« Pressentir le soi, le chercher inlassablement derrière les apparences, donne le vrai sens à la vie. »

Philippe Le Masson