Résumé conférence Marc Beuvain



Dans le cadre des « Instants thé » organisés pour les professeurs, Maryse Jobert nous a invités à assister au visionnage des 3 DVD de Marc Beuvain, soit 3h30 d’enseignement ayant pour titre : « La crise globale, reflet de notre crise intérieure ».  Ces conférences ont été filmées lors des interventions de ce professeur de yoga au séminaire « Yoga et Santé » à Aix-en-Provence en juillet 2010.

Voici donc un résumé de ce que j’ai compris de cet enseignement espérant à la fois partager mes réflexions et peut-être piquer votre curiosité. Les DVD sont disponibles à l’achat sur le site de Marc Beuvain.

Avec des mots simples et des explications accessibles Marc Beuvain présente la personne sous forme de deux tableaux : l’être (le purua) et l’humain (la prakti).   L’humain, comme l’appelle Marc, est la matière formée du corps physique et énergétique, du mental, de la personnalité et des émotions d’une personne.  Ce coté humain est caractérisé par son instabilité, son impermanence et sa fâcheuse tendance à croire qu’il est le maître du duo puruṣa-prakti. Par ailleurs, l’être (puruṣa) est la conscience éternelle, illimitée, hors du temps qui se trouve au fond de chacun.  C’est lui qui est le véritable créateur, le maître.

Les névroses, nous dit le conférencier, naissent de l’écart et du tiraillement entre l’humain (la matière) et l’être (la conscience). En agissant différemment de ce que nous dicte notre voix intérieure, nous créons le problème.  Le maintien d’un mauvais choix professionnel, que l’on poursuit par peur du changement, est un bon exemple de division interne, alors que la santé spirituelle se met en place et s’approfondit lorsque la matière accepte d’être entièrement au service de la conscience. 

Le jeune conférencier affirme qu’il existe deux types de yoga.  

Il y a tout d’abord le yoga samanam, celui qui calme et qui apaise sans entraîner de changements radicaux chez la personne.  C’est celui que la plupart des gens connaissent et c’est celui que Marc appelle le yoga thalasso. Il ne dénigre pas ce type de yoga qui a sa valeur, qui améliore la santé et le bien-être, mais il estime que si cette démarche peut aider en soulageant, elle ne vise aucun changement en profondeur. Reprenant l’exemple du travail, ce premier type de yoga aiderait la personne à mieux vivre une situation d’inconfort, mais sans remettre en question la situation de base. 

Ensuite, il y a le yoga śodhanam, celui qui mène vers une guérison complète.  C’est un yoga plus exigeant qui implique l’ensemble de la personne. En effet, à l’apaisement  visé par le yoga samanam dans le second yoga s’ajoute une démarche vers l’intériorité.  Et cela ne s’arrête pas là… Non seulement il faut rechercher l’intériorité, mais celle-ci doit se refléter dans l’action, dans la vie concrète du yogi pour mener vers une vie de plus en plus unifiée.  Il faut donc trouver sa vérité, ce qui en soi est déjà un défi, et ensuite il faut la dire et la vivre.

Le conférencier pousse la réflexion jusqu’à souligner que si la pratique méditative n’entraine pas un impact sur la vie active, il ne peut s’agir de yoga śodhanam.  Dans ce cas, la méditation est une pratique de détente, mais pas de changement profond. Il prend aussi le soin de distinguer l’action qui est le reflet de la voix intérieure de la « bonne action », l’action blanche dont il est question dans les yogasūtra (Y.S. IV-7).  Celle-ci est peut-être louable, mais elle reste du domaine de la matière, de l’humain selon Marc.

L’humain serait comme un cheval sauvage qui a besoin d’être apprivoisé.  Le yoga offre un ensemble de techniques pour apaiser cette matière, cette animalité pour laisser émerger la conscience, notre véritable identité.  L’ascèse en yoga est cette démarche vers l’éveil spirituel quand la matière accepte d’être au service de l’intériorité, d’un espace de Vérité.  Selon Marc ce n’est pas un engagement facile.

Le jeune conférencier affirme que notre  société est à l’image de tous nos conflits intérieurs. « La crise globale, dit-il, est le reflet de notre crise intérieure ».  Individuellement, nous avons oublié qui nous sommes et collectivement le cumul de toutes nos névroses explique les désordres et conflits sociaux qui nous affligent présentement.   Au vu des récents évènements vécus à Paris, les affirmations de Marc Beuvain peuvent constituer un grand sujet de méditation.  

Pour ma part, le visionnage de cet enseignement m’a donné l’occasion de réfléchir à ma propre démarche en yoga et sur mon rôle d’enseignante. Comment puis-je intégrer ces notions pour être moi-même un peu plus unifiée et favoriser cette démarche chez les élèves ?   

Je voudrais finalement remercier Maryse Jobert d’avoir eu l’idée d’organiser cette belle journée de ressourcement et de partage convivial à laquelle j’ai participé le mercredi 14 janvier 2015.