Sauca : un chemin possible vers la Joie ?

Auteur: 
ADDA Dominique

Sauca : un chemin possible vers la Joie ?

Sauca : un chemin possible vers la Joie ? 13 novembre 2015

Nous venons de vivre des moments terribles et beaucoup d'entre nous sont dans la peine.

Nous affirmons notre force, notre courage, notre volonté d'aller de l'avant dans ces mots : « la vie continue ! ».

Oui, la vie continue, mais la Joie, où est-elle ?

Nous cherchons à nous retrouver, à retrouver l'autre au milieu de cet amas de bleus que nous ont laissé les événements passés.

Les regards ne savent plus où se poser, ni comment... Que la relation est difficile !

Le mot "lien" en français a un double sens : celui de relier, mais aussi celui de ligoter. Où en sommes-nous ?

Ne sommes-nous pas ligotés par nos affects, nos sentiments, nos croyances, nos jugements, nos convictions... ?
Il est possible que la peine, la peur, le rejet, l'attachement, l'ego... qui sont souvent nos compagnons, à des degrés divers pour chacun d'entre nous, aient pris une ampleur telle que nous n'y voyions plus clair, que nous ne sachions plus trop où nous en sommes, ce qu'il faut faire ou ne pas faire, ni à qui parler ou qui écouter.

A qui, à quoi, se rallier, se relier ?

Le lien, qui devrait être "alliance" avec soi, avec l'autre, est devenu "ligature" ; la circulation y est difficile et la joie a du mal à se frayer un chemin.

Je voudrais partager avec vous un concept du Yoga qui nous propose de jouer au fin "limier" (même racine que lien !) afin de ne plus faire d'amalgame et de pouvoir tout remettre à sa juste place : l'autre, moi-même, et les différents aspects qui sont les miens.

Le recul, la juste distance ainsi trouvés permettent alors de créer un lien vivant.
Ce concept est SAUCA.

(prononcer chaotcha)

Avant d'aller plus loin, il me semble important de resituer le contexte (un tableau à la fin de ces lignes pourra vous aider).

Nous trouvons sauca dans le deuxième chapitre du Yoga Sutra de Patanjali (le guide des apprentis yogi que nous sommes !). Ce deuxième chapitre nous donne des pistes très intéressantes pour être acteur de notre vie et pouvoir nous ajuster aux mouvements incessants qu'elle nous impose.

Dans ce chapitre, Patanjali nous offre l'astanga Yoga, le Yoga aux huit membres ; huit piliers, tels des regards qui vont nous permettre de comprendre le champ, le terrain, sur lequel se joue notre vie.

En sanskrit : yama, niyama, âsana, prânâyâma, pratyâhâra, dhârana, dhyâna, samâdhi. Les trois derniers, dits membres internes, représentent la démarche méditative. Grâce à ces huit piliers nous pourrons répondre le plus justement possible aux sollicitations de la vie qui est la nôtre.

Huit domaines sont ainsi visités, étayés. Dans l'ordre, les domaines : relationnel, personnel, physique, énergétique, sensoriel, mental, psychique et spirituel.

Regardons de plus près les deux premiers.

Le premier domaine exploré est le relationnel ; les yama. Pour cela, cinq questions semblent nous être posées.
"Où en êtes-vous avec la violence, où en êtes-vous avec l'authenticité, avec l'honnêteté, avec le contrôle de vos pulsions, avec la convoitise ?". Ce sont cinq repères qui nous sont donnés, qui nous permettent de dire oui à la relation et de la respecter. Cette attention particulière à l'autre, à la relation que nous avons avec lui, vient démentir l'opinion fréquente que le Yoga est du nombrilisme !

Le deuxième domaine, les niyama, concerne le domaine personnel. Ici aussi, cinq repères, directions dont les résultats nous sont donnés lorsqu'elles sont respectées. Cinq "carottes" en quelque sorte !

En nous occupant de nous-mêmes, notre relation à l'autre n'en sera que plus harmonieuse.

C'est ici, que nous trouvons le premier repère, sauca.

Sauca, traduit par propreté, pureté, purification, ouvre le chemin des niyama, le domaine personnel, celui qui permettra d'être en accord avec soi-même à tous niveaux.

Que pouvons-nous observer à la lecture du texte ? Alors qu'il n'en consacre qu'un seul pour chacun des yama et des niyama, Patanjali nous donne deux aphorismes pour décrire les fruits de sauca ! Nous pouvons en conclure qu'il nous demande d'y accorder une attention toute particulière...

Que nous disent ces deux aphorismes II 40 et II 41 ?

La pédagogie de Patanjali reste la même ; il ne nous donne pas de description, mais les fruits que l'on obtient. Le champ d'expériences est alors immense !

Le premier aphorisme (II 40) nous dit que « par sauca, la pureté, nous prenons de la distance vis-à-vis de notre propre corps et nous abstenons de contact avec les autres ». Le sanskrit ne nous rend pas la vie facile, les traductions s'enchaînent, qui tournent souvent autour du pot ! En voici une qui pourrait nous faire dresser les cheveux sur la tête...

Nous dirons simplement que grâce à la propreté, nous comprenons que ce corps auquel nous accordons tant d'attention, se dégrade et qu'il nous demande des soins constants. Nous devons lui donner ce dont il a besoin, le soigner, car il est le temple de l'Esprit, mais nous savons que la beauté qu'il affiche n'est qu'extérieure, et que la vraie beauté est ailleurs.

C'est ce que nous verrons aussi chez les autres, sans nous laisser happer par les apparences, les artifices.

Je me souviens d'une émission de télévision où l'animateur demandait à un jeune handicapé s'il ne souffrait pas de ne pas pouvoir jouer les "beaux gosses" devant les filles (sic !). Et ce jeune homme de répondre "non, car moi j'ai la "beaugossité" de l'âme !"...

Le mot sanskrit traduit ici par "absence de contact" (asamsargah) signifie aussi "non mélange, non association, non amalgame, non contamination". Il nous est demandé de ne pas nous assimiler à l'autre, de ne pas faire l'amalgame : nous avons certainement des points communs avec les autres, mais nous ne sommes pas les autres.

Cet espace créé grâce à sauca, amène à la pureté du corps, première étape d'un chemin où d'autres surprises nous attendent. Elles sont décrites dans le deuxième aphorisme (II 41) : « (par sauca) découlent aussi les capacités suivantes : un cœur (psychisme) pur, (puis) un mental serein, (puis) la capacité d'attention, (puis) la maîtrise des (onze) sens et le contact avec le Soi ».

Patanjali décrit un enchaînement logique, initié par la pureté du corps, culminant dans la découverte de l'Etre profond.

Quelques commentaires...

Ne pourrait-on voir sauca et ses deux aphorismes comme un sas ? Un "entre deux" qui nous offre un espace pour faire un choix en toute conscience, afin de dire oui, ou non, accueillir ou pas. Grâce à sauca, j'ouvre la porte ou non, entre l'autre et moi, entre ce qui m'est différent et ce qui m'est propre.

Elle est le premier pas qui m'incite à prendre conscience de ce qui est bon pour moi et de ce qui ne l'est pas. Elle m'apprend à regarder parfois par le "judas" afin de ne pas ouvrir trop grand ni trop vite car je sais que mes sens sont boulimiques... et peuvent m'entraîner là où je n'ai pas vraiment envie d'aller, au risque de le regretter !

A cheval entre l'extérieur et l'intérieur, elle m'invite à une attitude discriminative et non plus simplement mécanique.

Très en lien avec la nourriture, sauca m'encourage à faire le tri. De quoi est-ce que je me nourris ? Qu'est-ce que je fais entrer en moi ? Et la nourriture, qui concerne tous mes sens a de multiples facettes ! Ce que je mange bien sûr, ce que je mets sur ma peau, mais aussi ce que j'écoute, ce que je lis, les relations dont je m'entoure, les lieux que je fréquente...

Sauca me pousse à être attentif à ce qui se passe tout à la fois dehors et au-dedans de moi.

Et surtout à la relation entre les deux. Elle m'entraîne à aller sans cesse au plus profond afin de mieux me connaître, de comprendre quelle est la "nourriture" qui me convient le mieux, celle qui va me permettre d'agir et non plus de réagir.

Le terme sauca vient de la racine S(H)UC qui signifie purifier, nettoyer, brûler, briller, luire. Oui, sauca, la propreté, est le chemin parcouru "mille fois" entre l'autre et moi qui va m'amener à un double respect : respect de l'authenticité de celui que je rencontre, respect de ma propre authenticité.

Conscient de ce qui me parvient de l'autre, je vais peu à peu prendre conscience aussi de ce que je lui fais parvenir. Ainsi "purifiée" la relation sera de plus en plus juste.

Nous savons tous que la route est longue et difficile ! Souvenons-nous qu'une des facettes d'un des obstacles majeurs dans notre vie, avidya, est de confondre ce qui est juste, pur, avec ce qui ne l'est pas... Sauca ne serait-il pas un moyen d'y voir plus clair ?

Jetons un dernier regard sur sa position dans le texte du Yogasutra : sauca est entre aparigraha et samtos(h)a.
C'est-à-dire entre le fait de ne pas s'accrocher à ce qui ne nous est pas nécessaire, ne pas se l'approprier, d'une part, et le contentement, être à l'aise avec ce que nous avons, faire ce qu'il faut pour être heureux le plus longtemps possible d'autre part.

Sauca, la pureté, est vraiment la porte qui m'amène à prendre conscience de qui je suis, celle qui m'amène à l'intégrité. Elle me permet d'être en contact avec ce qui est éternellement pur et éclairant en moi. La confiance en découle, je n'ai plus besoin de m'accrocher ni de m'assimiler à ce qui n'est pas moi.

Ma réponse au monde devient juste, et la joie qui en découle est immense !

YOGA SÛTRA de PATANJALI : 4 chapitres

Chapitre deux :

II 29 : As(h)tanga Yoga
yama (domaine relationnel)
niyama (domaine personnel)
âsana (domaine physique)
prânâyâma (domaine énergétique)
prathyâhâra (domaine sensoriel)
dhâranâ (domaine mental)
dhyâna (domaine psychique) vers la méditation
samâdhi (domaine spirituel) la relation à l'autre | le personnel (relation à moi-même)

II 30 : Yama
ahimsa (non violence)
satya (véracité)
asteya (non vol)
brahmacarya (contrôle des pulsions)
aparigraha (non convoitise)

II 32 : Niyama
II 40 : SAUCA (pureté, propreté)
II 41 : samtos(h)a (le contentement)
tapas (discipline de vie)
svâdhyâya (étude de soi)
îs(h)varapranidhâna (l'abandon au divin)




Interview de Tonia Rivot

Rencontre avec Tonia Rivot, enseignante de yoga à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et nouvelle présidente d’IFY-IDF
par Marie-Christine Tchernia
Tonia Rivot, petite brune souriante, énergique, aux longs cheveux, est la toute nouvelle présidente de l’IFY-IDF. Tonia, qui s’est formée auprès de Bernard Bouanchaud, enseigne chez elle, à Aulnay-sous-Bois. Le souffle, qui était le sujet de son mémoire, est au cœur de sa pratique. Dialogue entre l’ancienne présidente de l’IFY et la nouvelle...
Comment as-tu commencé la pratique du yoga ?
C’était en 1990 : j’étais jeune maman avec un bébé de 18 mois, une vie professionnelle bien remplie et je me suis inscrite à un cours de yoga à Aulnay-sous-Bois. J’en ai immédiatement ressenti les bienfaits. La relation avec mon enseignante – une « rencontre d’âmes » – a été  le déclic. Au bout de six ans de pratique régulière, j’ai eu envie de suivre une formation d’enseignante.
Pourquoi avoir choisi l’IFY alors que ton professeur n’y était pas affilié ?
J’ai choisi  l’IFY après une enquête et des pratiques auprès de différentes écoles, mais cet accent mis sur le souffle je ne l’ai trouvé qu’à l’IFY et mon formateur a donc été Bernard Bouanchaud que je remercie pour la qualité de son enseignement. J’ai fait partie de sa promotion 2004-2008. J’ai également suivi une formation de massage ayurvédique auprès d’Yves-Marie Doré en 2005.
Venons  en à ton sujet de mémoire...
J’ai soutenu un mémoire sur le souffle ; le souffle c’est le mouvement intérieur, ce qui modèle la posture. C’est  le souffle qui me fait bouger. Souvent je propose d’inclure le geste dans la respiration pendant la pratique. Comme dit la Samkhya Karika (IV-29) : «  d’aucuns sacrifient le souffle inspiré dans le souffle expiré, et le souffle expiré dans le souffle inspiré... » La posture « naît » du souffle.
Quel est le sutra qui te porte dans la vie ? Quelle est la posture qui te nourrit ?
Le sutra sans hésiter est celui sur la confiance, sraddha (I-20). Pour la posture, j’ai plaisir à pratiquer maha mudra (posture assise asymétrique, une jambe repliée, l’autre étendue devant soi, les deux mains tenant le pied, dos redressé et incliné) même si je sens que c’est une posture qui me résiste. Suivre les directions de la posture c’est faire l’expérience  d’un espace extérieur très vaste…
Au dernier Festival du yoga, je tenais le stand de l’IFY et toi celui de Patrick Torre, formateur en yoga du son...
J’ai suivi de nombreux stages ces dernières années avec Patrick Torre en yoga du son, méditation et pratique de mantras ; la Gayatri Mantra me porte particulièrement.
Tu enseignes chez toi à Aulnay-sous-Bois, dans une salle de 35 m2 qui peut recevoir jusqu’à 9 personnes.
Je propose des cours hebdomadaires et un vendredi par mois une séance de yoga nidra et méditation. J’ai le projet d’organiser un atelier d’une journée par trimestre autour d’un thème ; de façon à évoluer vers un week-end puis une semaine de stage en co-animation.
 
Quelles sont tes aspirations en tant que présidente de l’IFY-IDF ?
Lorsque l’IFY était encore rue de Valois j’ai travaillé pendant trois ans à la direction administrative de l’IFY. J’éprouve maintenant le désir de reprendre le fil de mon engagement au sein de l’IFY, cette fois au niveau de la région…
Merci Tonia !

Témoignage sur les rencontres nationales IFY

Auteur: 
CREPEAU Yveline

Par Yveline Crépeau et Françoise Dupont


Les rencontres nationales de l’IFY ont lieu tous les deux ans.  C’est une occasion pour les adhérents de l’association d’échanger, de pratiquer et de rencontrer les formateurs. Elles sont prises en charge par une des associations régionales.
En 2015, Les rencontres de l’IFY ont été organisées par l’association de la région Provence Côte d’Azur (IFYPACA) à Saint-Raphaël du 14 au 17 mai au CREPS de Boulouris. Situé en bord de mer, dans un parc spacieux et agréable, l’endroit était parfaitement adapté à ce type d’événement. Le thème retenu en 2015 était "Stabilité et liberté".
Environ 200 personnes ont participé à ces rencontres. 23 formateurs étaient présents. Nous étions répartis en petits groupes d’une vingtaine de personnes. Chaque groupe avait un programme quotidien auquel il participait seul ou avec d’autres groupes.
La journée commençait à 7 heures le matin par une pratique d’une heure guidée par un ou plusieurs formateurs. Après le petit déjeuner, suivaient un atelier ou un voyage intérieur". L’après-midi reprenait avec un atelier ou un échange avec un formateur. Puis, des conférences plénières étaient données chaque jour en milieu d’après-midi. La journée se terminait par une nouvelle pratique de 17H30 à 18h30. Trois journées intenses donc et très riches en enseignements.
Parmi les conférences prévues au programme sur le thème "Stabilité et liberté", nous avons pu notamment assister à celles de Peter Hersnack et de François Lorin.
Peter Hersnack a rappelé l’importance de l’observation et selon lui, les yoga sutra nous invitent à ça. L’observation, ce n’est pas comprendre mais laisser se manifester la vie qui est en nous, la vie en nous qui voit. La vie en nous a un bon support (AVASTHANA). La stabilité (STHITI) repose sur ce support : dans chacun d’entre nous, il y a une sorte de voyance qui précède la pensée. On pourrait penser que la stabilité enlève de la liberté. Or, c’est le contraire.
Etudier les huit membres du yoga (ASTANGA) nous donne la possibilité de nous laisser porter. YAMA nous enseigne comment établir une relation libre avec les autres personnes, en acceptant la différence radicale de l’autre. Etre dans la relation et être à l’extérieur de la relation. NIYAMA signifie se connaître soi-même, rester proche de ce qui s’ouvre à l’intérieur, quelque chose en nous de mystérieusement stable.
Peter a terminé sa conférence par cette piste de réflexion : "Transmettre la liberté n’est possible que si l’on est déjà dans une relation libre avec soi-même. Transmettre le yoga, c’est transmettre des relations libres".
En introduction de sa conférence, François Lorin a fait référence aux propos de Peter Hersnack et de Bernard Bouanchaud. Il a constaté que si les points de vue et l’enseignement pouvaient être différents, il y avait une base commune et solide dans le yoga qu’ils transmettaient.
La conférence de François Lorin est disponible sur YouTube en cliquant sur le lien suivant :Yoga conférence par Francois lorin "stabilité liberté" 15mai2015 xvid - YouTube
Parmi les nombreuses pratiques que nous avons suivies avec beaucoup d’intérêt, Elisabeth Rémy illustrait bien le thème de ces Rencontres Nationales 2015 avec la pratique jointe qu’elle a nommée « Arbre de vie ». La posture de l’arbre est le symbole par excellence de la stabilité par l’enracinement et l’élévation. Quant à la liberté, elle est présente pendant toute la séance où mantra et chant védique nous relient à notre nature profonde, tout comme l’esprit de l’arbre.  
Fichier attachéTaille
IMG.jpg6.37 Mo

Retour sur l'Instant Thé organisé aux Ulis

Auteur: 
BRIET Elisabeth
Instant Thé - définition :

L'Instant Thé est un moment convivial donnant l'occasion à des professeurs d'un même département de se rencontrer et d'échanger sur la thématique du Yoga, des cours, des élèves...
Il permet de tisser des liens entre professeurs dont les lieux de résidence et d'enseignement sont parfois éloignés les uns des autres.
Autour d'une tasse de thé et de petits gâteaux, de jeunes professeurs et d'autres plus expérimentés, donnant quelques heures de cours par semaine ou vivant du Yoga, peuvent librement échanger sur leur expérience, leurs questionnements (cours, ateliers, techniques, astuces, lieux) et découvrir des affinités qui pourraient déboucher sur des projets communs
.

A l'occasion de l'événement Yoga au Carreaux du Temple du 11 juillet 2015, Bettina et Elisabeth se sont rencontrées. Elles sont toutes les deux professeurs de yoga dans l'Essonne.
Alors parce que c'est plus facile à deux, elles se sont lancées dans l'organisation d'un Instant Thé ; il s'est déroulé mercredi 11 novembre aux Ulis.

Cinq professeurs se sont rencontrés sur la dizaine d'enseignants recensés dans le département et les communes limitrophes.

Après un tour de table et les présentations, nous avons commencé à échanger sur nos besoins en tant que professeurs et sur nos envies de partages d'expériences.

Au cours de ces premiers échanges informels, nous avons recueilli de nombreuses informations sur la vie de l'association régionale et d'autres sujets (adhésion d'une association en tant que membre actif à l'IFY-IDF, indépendamment de l'adhésion de nos élèves, les rencontres de Zinal, des films à voir ou promouvoir).

Nous avons échangé et obtenu des premiers éléments de réponse à nos questionnements personnels.

Ce premier rendez-vous est passé très vite. Nous avons terminé en essayant différents bancs que nous avait apportés Bettina et leurs possibles utilisations en cours.

Nous sommes repartis reliés, souriants et enrichis de cette première rencontre avec l'idée de nourrir ce lien.

Un deuxième Instant Thé est d'ores et déjà en préparation pour février-mars 2016.

Bettina, Elisabeth, Ghislaine, Laurent, Monique.




Saisir l'essence du yoga

Auteur: 
MLEKUZ Nathalie

 
 “Pour moi le yoga est l’architecture de la paix. C’est la science des angles et des triangles. Son but est d’atteindre ce que guru Prem Singh Khalsa appelle « l’alignement divin » par une série de postures qui favorisent la paix de l’esprit et du cœur et nous rapprochent de l’infini. Pour parvenir à cet alignement, à cette incarnation de la géométrie de l’amour, il faut du désir, de la volonté, de la discipline.“
 
A travers ses mots et surtout ses photos, Michael O’Neill partage avec nous, dans cet ouvrage de grand format, intitulé Yoga, l’architecture de la paix, édité par les éditions Taschen, son désir d’approcher l’essence profonde du yoga, son souhait de saisir les êtres, mais aussi les objets, les images, les paysages au-delà de leur dimension immédiatement visibles.


 
Les photos ont été prises entre 2006 et 2013. On y trouve pêle-mêle des portraits de personnalités du yoga, des photos de foule lors de la Kumbh Mela (70 à 100 millions de personnes qui se massent autour des eaux glaciales du Gange), des anonymes en posture du yoga, des paysages, des images de lieu… Soit un curieux mélange qui, à n'en pas douter, reflète les multiples facettes du yoga. Les photos des pionniers de la diffusion du yoga en Occident (Iyengar, Pattabhi Jois, Desikachar…) sont très émouvantes, peut-être parce que leurs visages nous sont familiers ou que certains nous ont déjà quittés. Les photos prises en Inde, celles qui nous montrent des anonymes en posture de méditation ou de yoga, sont, elles, captivantes. Il y a par exemple celle de cet homme en posture de yoga nidrasana (posture du repos du yoga) : il est allongé sur le sol sableux, ses mains soutiennent sa nuque, ses jambes entourant ses épaules sont posés derrière sa tête, faisant autour de son buste comme un petit berceau. La posture est fascinante, mais ce qui surprend le plus c’est le regard de cet homme dans cette posture, un regard empli de présence et dénué du moindre souci d’image.
Autre photo particulièrement touchante, en noir et blanc cette fois, celle d’un yogi totalement nu, en namaskara (prosternation) : assis sur les talons au bord du Gange, le dos penché vers l’avant, il prie le haut de la tête en contact avec l’eau : “Son crâne et son chakra supérieur ne faisaient qu’un avec le Gange, m’offrant l’image de la sérénité intérieure qui est à la portée de tous“, écrit Michael O’Neill.
Citons enfin, mais beaucoup  d’autres méritent d’être longuement contemplées, la photo, également en noir et blanc, d’un yogi de 98 ans, swami Yogananda, qui pose devant les racines d’un arbre multiséculaire : "Après la séance de pose, il m’a demandé de le laver dans le Gange et de l’essuyer. Cela m’a paru aussi naturel que de frictionner l’un de mes enfants après un bain froid“.
 
Au fil de ces images, accompagnées de petits textes, Michael O’Neill nous offre une plongée dans la culture de l’Inde et dans l’univers du yoga, mais aussi, et c’est sans doute le plus enrichissant, le récit de son propre cheminement, de ses propres avancées vers une forme de dépouillement.

Yoga, l'architecture de la paix. Michael O,Neill. Editions Taschen. 49,99 €.