J'ai découvert le yoga sur mon lieu de travail

Lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'accepterais de donner un cours en entreprise, je lui ai demandé un moment de réflexion, le fait d'introduire la pratique du Yoga dans le cadre du travail ne me semblant forcément une bonne chose

J'ai découvert le Yoga sur mon lieu de travail

Entretien avec Maryse Jobert

« Un Instant Thé sur le thème du "Yoga en entreprise" »... J'ai souri en entendant Nicole Héguy évoquer ce sujet et c'est tout naturellement que j'ai accepté son invitation à venir en parler. »

« Comment refuser, alors que mes premiers pas en Yoga ont eu lieu sur mon lieu de travail ? »

« C'est en voisine et par un après-midi pluvieux que j'ai rendu visite à Nicole, chez elle à Montmartre, pour répondre à ses questions. »

Maryse, comment s'est passée ta première expérience ?

— « J'avais 30 ans, statisticienne, je travaillais à l'époque au ministère de la Santé. Jeune mère, je me sentais un peu dépassée par le rythme des journées et mes multiples occupations. L'association sportive du ministère proposait de nombreuses activités (badminton, course à pied, gymnastique... et Yoga).
C'est avec curiosité que j'ai été à ce premier cours. J'ai tout de suite senti que "j'avais frappé à la bonne porte".
Mon professeur était, elle aussi une jeune femme, elle s'appelait Bernadette Pistre et je suis sûre que tu la connais, elle se nomme maintenant Bernadette De Gasquet. Le cours était tonique, assez exigeant et les moments de repos bienvenus. La relaxation finale a été une vraie bonne surprise. Je suis repartie reposée. »

Comment vivais-tu ces rencontres ?

— « Assez vite, j'ai essayé de protéger cet espace, de faire que ce rendez-vous soit régulier. Et ce n'était pas si simple. Je me souviens de l'ambiance du cours, après l'agitation de l'arrivée, le temps n'était plus le même. Il semblait plus dense. Je me souviens avoir découvert ma souplesse mais aussi ma difficulté dans le cobra, mon cœur qui s'affolait de façon inexplicable, mon enthousiasme devant la variété des postures, le plaisir du mouvement et certains moments suspendus. Je revenais d'où, après ce sphinx préparé soigneusement ? Cette heure m'est vite devenue indispensable, une heure pour m'occuper de moi, me recentrer. »

Qu'est ce qui a fait que tu as poursuivi dans cette voie ?

— « Tout cela est un peu mystérieux ! Sans être malade, j'avais des fragilités et j'ai expérimenté assez vite que cette voie me permettrait de "me faire du bien", de préserver l'énergie et d'éviter ainsi la prise de médicaments. Comprendre ses forces et ses faiblesses, corporelles mais aussi psychologiques me semblait aussi "faire partie du voyage".
Et puis, la curiosité était toujours là, quelques "découvertes" aussi et je voulais en savoir plus. C'est ainsi que je me suis inscrite assez vite à la formation proposée par Claude Maréchal. J'ai poursuivi cette étude très longuement et au fil du temps et des sollicitations, j'ai accepté d'animer un cours sur les mêmes lieux. C'est ce que j'ai fait pendant plus de quinze ans. »

A ton avis, le Yoga en entreprise a-t-il des particularités, par rapport à un cours proposé dans un autre contexte ?

— « Les pratiquants, pour certains mes collègues directs, étaient médecins, ingénieurs sanitaires, pharmaciens... Comment ne pas vouloir amener dans cet espace, toute la richesse du Yoga ? »

— « Pendant ces années d'enseignement, mon objectif global était de faire de cette heure une parenthèse "protégée". Je connaissais le contexte et l'implication dans leur travail des personnes qui venaient là. Elles arrivaient au cours assez tendues (fin de matinée, la tête encore occupée par les activités qu'elles avaient interrompu pour venir). Nous étions deux enseignantes et proposions des horaires différents. Nous avions convenu que j'accueillerais les nouveaux élèves. Cette obligation, au fil de l'année, était une contrainte à accepter. De même que la nécessité d'accueillir toute personne voulant pratiquer. La plupart du temps, les gens se déterminaient pour une plage horaire et non pour un enseignant en particulier. »

— « A l'époque, je commençais à étudier avec Peter Hersnack et je dois dire que sa créativité m'a nourrie et m'a permis de proposer les ajustements nécessaires. Le groupe était assez hétérogène : un noyau régulier et avancé, des pratiquants plus occasionnels ou "fragiles" et quelques nouveaux à deux reprises dans l'année. J'animais un seul cours par semaine mais je dois dire que mon esprit en était occupé bien au-delà. C'était très motivant. Yukti prenait tout son sens dans cette situation, mais je me sentais quelquefois un peu démunie, malgré tout. »

Quelle leçon tires-tu de ces années ?

— « Avec le recul, je pense que cette situation a renforcé ma confiance dans le Yoga. Je rencontre de temps en temps, des personnes qui me rappellent avoir débuté le Yoga dans ces lieux et avoir poursuivi. Certains ont suivi des formations et enseignent maintenant. Anne Lebeaupin, ancienne présidente de l'IFY, a bénéficié de ces cours. »

Et maintenant ?

— « Retraitée depuis neuf ans, j'enseigne en cours particulier. J'apprécie vraiment la relation qui s'installe progressivement et la recherche patiente du Yoga adapté. Cette année, une surprise, la demande de jeunes couples de pratiquer ensemble. »

— « Le Yoga et l'entreprise... je trouve qu'il serait intéressant d'organiser un échange entre enseignants engagés dans ces lieux et je me pose quelques questions : sont-ils nombreux ? dans quel type d'entreprise enseignent-t-ils ? Le temps de travail s'étant réduit, densifié, éclaté, y a-t-il encore un espace pour cette pratique ? Quelles consignes reçoivent-ils ? »

Propos recueillis par Nicole Héguy




Yoga en entreprise : réflexions et témoignages

Réflexions et témoignages de professeurs de l'IFY sur le stress en entreprise et les bienfaits du Yoga

Yoga en entreprise : réflexions et témoignages

De plus en plus d'entreprises s'ouvrent au Yoga et proposent à leurs salariés la possibilité de revenir à leur corps, leur respiration, de relâcher en quelque sorte la pression pour mieux repartir ensuite.

Trois professeurs de l'IFY nous livrent ici leurs réflexions et témoignages sur le stress, si présent dans nos vies et sur les bienfaits du Yoga après quelques cours :

♦ Marie Colasson,
♦ Sylvie Prioul,
♦ Nicole Héguy.

Penser le stress aujourd'hui, c'est prendre conscience de l'usage très répandu, on pourrait dire galvaudé, du mot dans la langue courante et en particulier dans les médias.

Marie Colasson

Ce mot évoque à la fois une difficulté, un mal-être, quelque chose qui ne tourne pas rond. Le monde de l'entreprise en fait grand cas et des formations sur la "gestion du stress" sont organisées in situ pour les dirigeants et les employés.

Les termes : stresseurs, stratégie d'ajustement (coping), méthodes d'évaluation du stress, identification des sources de stress font maintenant partie du vocabulaire et de la vie en entreprise.

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) évoquent eux aussi la souffrance en entreprise provoquée par le stress et ses enjeux pour la santé.

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Lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'accepterais de donner un cours en entreprise, je lui ai demandé un moment de réflexion, le fait d'introduire la pratique du Yoga dans le cadre du travail ne me semblant forcément une bonne chose.

Sylvie Prioul

J'ai ensuite discuté avec elle de la façon dont les cours pourraient s'organiser : elle m'a expliqué que cette demande était entièrement à son initiative et que l'employeur - une entreprise de communication - avait accepté de prêter une salle de réunion pour cette activité.

Pratiquant elle-même depuis de nombreuses années, elle avait su regrouper un petit nombre de personnes décidées à se lancer dans l'aventure du Yoga... en entreprise. Je me suis donc moi aussi lancé !

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Un Instant Thé sur le thème du "Yoga en entreprise"... Comment refuser, alors que mes premiers pas en Yoga ont eu lieu sur mon lieu de travail ?

Nicole Héguy

J'ai souri en entendant Nicole Héguy évoquer ce sujet et c'est tout naturellement que j'ai accepté son invitation à venir en parler.

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Yoga en entreprise : à la recherche du second souffle

La dernière décennie a été le théâtre de bien des transformations économiques et sociales, et, s'il en est bien une qui suscite étonnement et perplexité, c'est la perméabilité de l'entreprise à des disciplines telles que la méditation en pleine conscience ou le Yoga

Yoga en entreprise, à la recherche du second souffle

Charmante excentricité, effet de mode...

Si, sur le plan du vocabulaire, l'association des mots "Yoga" et "entreprise" peut sembler incongrue, il n'en demeure pas moins que la greffe a bien pris et le Yoga est désormais légitimé.

Les couples d'opposés jalonnent les Yoga-sutras de Patanjali (abhyasa/vairagyam, sthira/sukham...) et il est important de se rappeler que le Yoga nous enseigne la complémentarité, pas le clivage.

Si l'on essaie de comprendre ce qui a favorisé son expansion dans les entreprises, on s'aperçoit qu'il y a eu véritablement un florilège de tendances convergeant toutes et créant ainsi un terreau favorable pour le Yoga : appétence de la société pour la santé et le bien-être, occidentalisation du Yoga, prévention des risques psycho-sociaux et des troubles musculo-squelettiques dans le monde du travail...

C'est aussi le monde de la médecine, des neuro-sciences et du sport de haut niveau qui ont, pour leur part, cautionné cette discipline millénaire.

L'entreprise est devenue une grande malade, souvent à bout de souffle : malmenée par des réorganisations trop fréquentes et insuffisamment accompagnées, il en résulte des points de douleurs humains et systémiques plus ou moins révélés ; courant éperdument après un rythme endiablé d'innovations et la recherche de toujours plus de compétitivité, elle s'épuise ; hyper connectée, friande de Big Data, c'est la submersion et la saturation par l'information...

Les femmes et les hommes de l'entreprise sont tout simplement sous tension, souffrant dans leurs capacités d'attention et de concentration, ballottés par un mouvement général de dispersion et de culture de l'urgence, de communautés virtuelles, de lieux et méthodes de travail incessamment reconfigurés, "labellisés".

Dans un environnement finalement moins prévisible que jamais, la liste des "bobos du boulots" ne cesse de s'allonger : mal de dos chronique, stress, dépressions, troubles de l'attention, burn out...

Alors, que vient faire et que peut faire le Yoga dans ce contexte ?

Aujourd'hui finalement, la grande question posée par le Yoga en entreprise est avant tout une question d'éthique.

Si l'on met en perspective le Yoga depuis ses origines avec le monde moderne de l'entreprise, on constate avant tout qu'il est passé d'un mode initialement circonscrit en Inde et aux hommes à une véritable démocratisation dès le début du 20ème siècle avec de grands maîtres comme T. Krishnamacharya, puis à une transmission accélérée dans tout l'Occident avec typiquement T.K.V Desikachar ou B.K.S Iyengar.

L'introduction dans le monde de l'entreprise peut donc à priori être abordée comme une continuité assez naturelle de ce mouvement.

Y a-t-il alors lieu de craindre de compromettre les valeurs du Yoga dans l'enceinte de l'entreprise ?

Le Yoga sera compromis si on est dans avidya, dans la méprise, la confusion, si on cherche à le faire apparaître ou si on le prend pour ce qu'il n'est pas, c'est à dire une méthode magique, instantanée et imparable, génératrice de résultats et de performance.

Les problèmes d'éthique peuvent se poser là, sur le plan de l'usurpation d'identité du Yoga ou sur la volonté de camouflage des véritables problèmes organisationnels ou managériaux de l'entreprise.

En revanche, le Yoga est parfaitement intègre et à sa place dans l'entreprise car il lui offre l'opportunité de reconfigurer ses liens avec ses salariés et entre ses salariés par une nouvelle approche, un travail de fond. Il est contre posture et espace de respiration.

Parler d'amélioration des capacités intellectuelles, de performances accrues grâce au Yoga, ce n'est pas le pervertir si on pense en réalité à toutes les valeurs qui vont pouvoir être véhiculées dans l'organisation à travers le Yoga : les attitudes relationnelles (yama), l'effort juste (prayatna), le contentement (samtosa), la connaissance juste (pramana)...

Sans compter sur les nombreux bienfaits sur la santé physique pure (renforcement du dos, irrigation du cerveau...).

T.K.V Désikachar ne nous dit-il pas que ce n'est pas à la personne de s'adapter au Yoga mais au Yoga de s'adapter à la personne ?

Refuserait-on d'enseigner le Yoga à un élève qui viendrait à un cours dans l'objectif d'améliorer ses capacités de concentration au travail ou visant la parfaite maîtrise d'une posture ?

N'oublions pas que nous enseignons un Yoga respectueux de la personne et adaptant les séances et postures à chacun, tenant compte de toutes ses caractéristiques. L'entreprise, organisation humaine avant tout, ne doit pas en être exclue.

S'il faut passer par une communication orientée performances et capacités, nous n'instrumentalisons pas le Yoga dès lors où nous sommes au clair avec ce qu'il est : nous lui permettons simplement de se décliner dans l'entreprise comme vecteur de réconciliation économique et social.

Le Yoga en entreprise, c'est créer de la valeur autour de l'humain et de l'intelligence collective, c'est faire émerger un espace de bien-être permettant de sortir des approches organisationnelles et managériales traditionnelles.

L'entreprise, organisation humaine avant tout, a un corps, un esprit et un souffle. En cela, elle a besoin d'un corps souple et fort, d'un mental clair et confiant et d'un souffle porteur d'énergie vitale.

Pour tout cela, le Yoga en est une réelle opportunité pour l'entreprise de réaliser avec du sens et un support.

Des hommes et des femmes meilleurs feront, quoi qu'il en soit, une entreprise meilleure.

Agnès Grange
Professeur IFY

postures Yoga




Un souffle réparateur dans un univers sous tension

Un monde du travail de plus en plus violent

Un monde du travail de plus en plus violent, un souffle réparateur

En 2007, encore élève en formation avec Laurence Maman, j'ai donné mes premiers cours au sein de l'entreprise.

J'intervenais dans la salle de sport située sur mon lieu de travail.

Salariée d'un groupe d'édition qui avait contribué à financer ma formation, cela me semblait être un juste retour des choses que de contribuer deux fois par semaine au "mieux-être" de ses collaborateurs.

Le concept de "bien-être" au travail commençait à émerger.

Les risques psycho-sociaux arrivaient tout juste sur la scène médiatique notamment à travers le rapport Nasse-Légeron, commandité par le ministre du Travail, et qui devait permettre de les identifier, les quantifier et les suivre.

Quelques mois plus tard, s'amorçait la série noire des suicides chez France Télécom.

La qualité de vie au travail est pour moi une préoccupation essentielle alors que nous vivons depuis plusieurs années une réalité du travail où s'exerce une grande violence.

Pendant plus de vingt ans, j'ai pu observer in vivo la transformation des relations au sein de l'entreprise et la tolérance parfois surprenante accordée à certains modes de management et à certains comportements.

Dans mon entourage direct et parmi les personnes que j'ai accompagnées jusqu'à présent en Yoga et en coaching, dans l'entreprise notamment, je compte de nombreux cas de harcèlements et de burn-out. Il est trop souvent fait état de contextes qui ont "pour effet de déstabiliser les employés et de créer un climat professionnel anxiogène"1.

Un monde du travail qui s'ouvre à de nouvelles approches

Depuis une dizaine d'année, le champ de l'entreprise a été investi par plusieurs disciplines, dont le Yoga, qui permettent aux salariés de relâcher la pression imposée par les changements permanents et un rythme de travail soutenu.

Après avoir favorisé la pratique sportive dans des espaces "forme" dédiés, l'entreprise, qu'il s'agisse de grosses structures de renom ou de PME plus confidentielles, se doit désormais d'offrir à ses salariés des occasions de se ressourcer intérieurement.

Au-delà de l'effet de mode et de l'alibi qu'il constitue parfois pour certaines Directions qui se donnent bonne conscience, l'arrivée du Yoga au sein de l'entreprise ne peut être que bénéfique. Ne serait-ce que par le simple fait de donner aux salariés la possibilité de faire une pause, de prendre du temps pour eux, de se remettre dans la réalité de leur corps et de leur respiration et de se détendre.

Je pense cependant qu'il peut aller au-delà de l'effet apaisant d'une pratique hebdomadaire sur le tapis. Invitation à revenir à soi, à cultiver un art de vivre pour aller vers davantage d'humanité, le Yoga est aussi une voie d'expérimentation, de prise de recul et de transformation.

Je me prête à croire qu'une pratique régulière de cette discipline peut participer d'un travail plus profond, sur la durée, d'évolution du "vivre et travailler ensemble" au sein de l'entreprise.

Pratiquer le Yoga au travail : exercer un autre regard sur son quotidien

Pratiquer le Yoga au travail, c'est aussi s'entraîner à exercer un œil nouveau sur sa vie au bureau, gagner en discernement et s'employer à mettre en œuvre les enseignements de Patanjali.

L'un des objectif du Yoga est "l'arrêt des fluctuations du mental". Dans le Yoga-sutra, Patanjali nous invite à lutter contre la tendance à la dispersion de notre mental et à renforcer notre aptitude à la concentration.

Or l'entreprise, à des fins d'optimisation du temps de travail, impose souvent de travailler en mode multi-tâches. Il peut être pertinent pour un salarié engagé sur la voie du Yoga, qu'il soit encadrant ou simple exécutant, de s'interroger sur les impacts de ce mode de travail sur son rythme et son efficacité personnels.

A partir de quel moment faire plusieurs choses en même temps est-il générateur de tensions, voire de surchauffe et devient-il contreproductif ?

Lutter contre la dispersion mentale au travail peut amener à explorer certains de ses fonctionnements et à se donner quelques objectifs de discipline personnelle ou "tapas".

Je propose ci-dessous quelques illustrations, fruits de ma propre expérience :

  • Travailler tout ou partie de son temps en mode mono-tâche et traiter un sujet après l'autre,
  • Faire le choix pendant les réunions de travail de ne pas consulter en permanence son téléphone et/ou de ne pas emporter son ordinateur portable pour avancer sur un sujet "urgent" mais de participer pleinement aux échanges,
  • Faire une pause même courte et éviter de prendre son déjeuner tout en travaillant,
  • Mettre le téléphone sur messagerie à certains moments de la journée pour traiter un dossier ou communiquer avec un collaborateur avec toute l'attention nécessaire,
  • Mettre en place des modalités de fonctionnement sur tout ou partie de la journée pour éviter d'être sans cesse interrompu et sollicité par de nouvelles demandes...

A chacun d'identifier les sujets qui lui paraissent adaptés et accessibles compte tenu de sa position dans l'entreprise et de son objectif.

Suivre les conseils de Patanjali

S'accorder régulièrement au travail quelques secondes pour respirer en conscience, prendre du recul et observer son état peut amener progressivement à s'interroger sur la manière dont nous parlons, dont nous traitons les autres et nous-mêmes dans l'environnement professionnel.

Patanjali dans le sutra I.33 donne plusieurs conseils comportementaux qui mis en pratique permettent d'améliorer le vivre ensemble.

« La sérénité du mental provient de l'attitude intérieure dans les champs relationnels de l'amitié envers les heureux, la compassion envers ceux qui souffrent, la joie envers les vertueux et la prise de distance avec ceux qui agissent mal. »

Il y a dans l'univers professionnel beaucoup d'occasions de mettre en œuvre ces préceptes de façon plus ou moins aisée :

  • Prendre le temps de saluer ses collègues ou ses collaborateurs, quels que soient leur fonction, leur niveau de hiérarchie ou leur proximité,
  • Pouvoir relativiser les excès d'autorité ou d'exigence d'un manager sans recul par rapport à la pression que lui impose sa hiérarchie,
  • Savoir reconnaître les compétences d'un collègue et son apport pour l'entreprise et se réjouir de sa promotion,
  • Se tenir à distance des ragots et des rumeurs qui agitent parfois l'entreprise et ne pas contribuer à les colporter et à les alimenter...

S'entraîner à méditer ces 4 directions de modalités relationnelles et à les appliquer dans son quotidien professionnel est une pratique de Yoga qui, au fil du temps, peut conduire à remettre en cause certains comportements pour en développer de nouveaux, plus en phase avec les yama et niyama.

Un manager, vigilant quant à l'état de fatigue de son équipe et convaincu de l'importance de la ménager, peut aussi apprendre à demander à sa Direction des moyens supplémentaires ou un report d'échéance. Voire à refuser un dossier dans des cas de surcharge ou de délai irréaliste. Ce faisant, il applique vis-à-vis de ses collaborateurs ahimsa, la non-violence.

Un collaborateur, qui est l'objet d'une demande contraire à son éthique personnelle, peut faire le choix de la refuser et demeurer ainsi respectueux de satya, la véracité..., voire dans certains cas d'asteya, l'honnêteté.

Comprendre nos choix et les assumer

Il est parfois bien délicat de prendre de telles positions qui peuvent aller à l'encontre de sa hiérarchie et même du fonctionnement et de la stratégie de l'entreprise.

Pourtant, il est important d'avoir à l'esprit que tous nos choix ont une implication pour nous-mêmes et les autres. De nombreux contextes professionnels, et notamment ceux qui « [déstabilisent] les employés et (...) [créent] un climat professionnel anxiogène », semblent devoir nous imposer leur loi et nous priver de notre libre arbitre.

La pratique régulière du Yoga nous aide à nous réapproprier nos choix, à comprendre pourquoi nous les faisons.

Chaque collaborateur, à sa mesure, peut se donner les moyens d'appliquer les enseignements de Patanjali dans son quotidien.

Cette démarche appliquée à toutes les strates de l'entreprise, de la base jusqu'aux cadres dirigeants, peut contribuer à augmenter le niveau de conscience de chacun et à faire bouger les lignes.

Anne Louge
Professeur de Yoga et coach professionnel certifié

1 Extrait du réquisitoire du Parquet lors du procès en juillet 2016 de France Télécom




Lina Franco : portrait d’une enseignante IFY

L'IFY Île-de-France a décidé de faire découvrir l'enseignement du Yoga dans ses départements. Portrait de Lina Franco.

Portrait de Lina Franco, professeur de Yoga à Paris

« Si j'ai une expertise, c'est dans l'humain »

Depuis deux ans, Lina Franco, jeune femme dynamique, responsable de la newsletter, a mis son énergie et son talent au service de l'association régionale dont elle est administratrice pour, comme elle le dit, « faire sortir l'IFY du placard ».

C'est elle qui a imaginé et piloté la première édition des matinées grand public de juillet au Carreau du Temple "Yoga au Carreau, Cœur ensoleillé" et elle assume avec talent la communication de l'IFY-IDF.

Son parcours

Lina rencontre Claude Maréchal en 1995 alors qu'elle est chercheur - docteur en Littératures Comparées à l'université de Paris-VII -, puis se forme à l'enseignement du Yoga auprès de Laurence Maman puis de Peter Hersnack.

S'inspirant des préceptes des écoles de l'Ashtanga Yoga et du ViniYoga, elle transmet et développe la pratique de cet enseignement lors des cours et des stages à thème qu'elle organise en France et à l'étranger puisqu'elle parle le français, l'anglais et l'italien, sa langue maternelle.

A Paris, elle enseigne en cours collectifs et particuliers au Centre Kalari 7, dans le quartier de la Bastille, et se déplace dans les entreprises dans la perspective de construire des passerelles entre le quotidien professionnel et la vie personnelle.

Les cours de Yoga en entreprise

Lina arrive en courant, elle sort d'un rendez-vous de sélection de professeur de Yoga dans une entreprise prestigieuse. L'entretien a été plus long que prévu :
— « La mise en place des cours de Yoga en entreprise se complexifie », constate-t-elle...

Le thème de la newsletter de décembre étant "Yoga et monde du travail", j'oriente notre entretien sur ce sujet.
Lina m'explique que le Yoga en entreprise peut revêtir différentes formes et que les demandes des entreprises sont de deux sortes : les cours collectifs à destination des salariés et la formule "executive Yoga" (cours de Yoga particuliers pour managers).

Elle constate une évolution de la demande sous forme d'ateliers de durée variable pouvant aller d'une heure trente à une demi-journée, et même tout un week-end :
— « Les 18 et 19 mars 2017 j'organise un week-end salariés sur le thème : le désir en entreprise. »

Et elle ajoute :
— « L'entreprise peut être motivée par le bien-être de son personnel sans forcément attendre un retour sur investissement. Dans l'univers de l'entreprise, la pratique du Yoga ouvre un espace de liberté dans un lieu de contraintes et de codes. C'est un privilège que la personne s'accorde et en même temps l'occasion de répondre à son désir profond de prendre soin de son être, de s'occuper de sa personne.
Loin d'être une obligation, le Yoga réintègre chez le participant la possibilité de choisir réellement et tout seul ce qu'il veut faire ou pas. »

Lina aborde ensuite la dimension relationnelle - le cours de Yoga comme espace "machine à café" :
— « Il s'agit de créer, d'ouvrir un espace d'échange entre les participants aux cours qui prennent le temps, s'accordent un moment pour parler d'autres choses que des projets et des deadlines.
A chaque mise en place d'un cours collectif en entreprise, j'ai constaté l'évolution suivante : 1) dans les toutes premières semaines, les personnes arrivent à l'heure et repartent à l'heure ; 2) au fil des mois, elles commencent à venir un peu avant ; 3) au bout de la première année des cours, elles s'attardent après la séance, parlent, échangent, discutent de manière décontractée et conviviale. »

— « C'est à ce moment-là que la graine Yoga est semée, que l'on discute des bénéfices de la pratique, de l'importance que le Yoga a pris dans leur agenda pro, des ateliers, des stages, bref du besoin de faire plus de Yoga car le cours en entreprise ne suffit plus. »

Le contenu des cours de Yoga en entreprise

— « Les questions, les points à aborder, ce sont les gens qui les apportent », explique Lina.

— « Il s'agit de partir des préoccupations de chacun. Les directions de travail proposées dans la séance se doivent d'être larges pour toucher différemment chacun. Le professeur de Yoga est là pour comprendre le potentiel, commencer à construire une vision, mettre en place des moyens de recherche et d'action... sur le tapis déroulé dans la salle de Yoga de l'entreprise. Prises de conscience et efficacité sont au rendez-vous dès le premier cours ».

Fonctionnement spécifique à l'entreprise : connaître son agenda

— « Le cours de Yoga s'intègre dans un univers professionnel dont il est important de connaître les grandes dates.
La fin de l'année, la reprise de septembre, les périodes de congé, de restructuration, sont des grands moments de la vie de l'entreprise. L'enseignant de Yoga y est sensible et peut devenir un support pour chacun de ces transitions ».

Qu'est-ce qui impressionne les élèves et les patrons ?

— « Certains éléments polarisent leur intérêt, attisent leur curiosité :

la dimension innovante de l'approche Yoga dans un contexte qui a ses règles et sa vision,
l'impact/l'intérêt pour chacun (les décideurs, les destinataires) de l'initiative. Mettre en place de cours de Yoga signifie parfois accepter de faire évoluer des équilibres vers de nouvelles directions,
la nature globale de la réponse Yoga qui concerne le corps - l'esprit - l'affect (traduit dans un "langage" entreprise, cela signifie : capital humain - réflexion/analyse - construction de réseaux/relations),
l'enjeu : acter le changement autrement qu'avec des outils internes propres à l'univers professionnel. »

— « Le défi : investir sur la personne. Ce qui signifie reconnaître son efficacité autant que sa valeur. »

Pour en savoir plus sur le Yoga en entreprise, vous pouvez consulter le site de Lina Franco :
www.body-yoga-paris.com

Références entreprises : RADIO FRANCE, MUREX, BGB AVOCATS...
Auteur de livre et d'articles à caractère philosophique et anthropologique ; dernier ouvrage paru sur le Yoga : « Mémoire et changement », Les Cahiers de présence d'esprit, n° 15

Propos recueillis par Marie-Christine Tchernia
25 octobre 2016 - jardins de Bercy

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Le yoga au bureau : c’est très chouette !

Lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'accepterais de donner un cours en entreprise, je lui ai demandé un moment de réflexion, le fait d'introduire la pratique du Yoga dans le cadre du travail ne me semblant forcément une bonne chose

Le Yoga au bureau : c'est très chouette !

J'ai ensuite discuté avec elle de la façon dont les cours pourraient s'organiser : elle m'a expliqué que cette demande était entièrement à son initiative et que l'employeur – une entreprise de communication – avait accepté de prêter une salle de réunion pour cette activité.

Pratiquant elle-même depuis de nombreuses années, elle avait su regrouper un petit nombre de personnes décidées à se lancer dans l'aventure du Yoga... en entreprise.

Je me suis donc moi aussi lancé !

C'est la deuxième année que j'anime ce cours et j'avoue que l'enthousiasme des participantes – un homme est bien venu faire un petit tour, mais il préfère jouer de la batterie le mercredi midi – me stimule chaque semaine pour leur faire découvrir tous les aspects du Yoga, même si j'insiste surtout sur les postures et sur la respiration.

Les élèves sont jeunes pour la plupart, pleines d'énergie, mais aussi stressées, car leur activité professionnelle est très prenante. Je leur ai demandé ce que la pratique du Yoga sur leur lieu de travail leur apportait et je vous livre quelques-unes de leurs réflexions.

Tout d'abord le témoignage d'Anne-Christine à l'origine de ce cours :

— « Le fait d'avoir organisé ce cours et de voir l'équipe adhérer m'apporte une grande satisfaction personnelle : le sentiment de contribuer – indirectement – à faire du bien à l'équipe ! Et la possibilité de partager des convictions en matière de qualité de vie. »

Sur le fait de pratiquer au sein de l'entreprise, Orane explique :

— « Je pense que je n'aurais pas pu pratiquer le Yoga aussi assidûment dans un autre contexte. Le fait de pouvoir le pratiquer sur notre lieu de travail est une chance. Nous pouvons nous y rendre facilement et c'est aujourd'hui totalement intégré à mon emploi du temps. C'est un avantage car nous avons beaucoup de travail et parfois du mal à nous organiser pour exercer une activité sportive ou de loisir en parallèle. Les cours le midi, sur notre lieu de travail, facilitent beaucoup la pratique régulière. »

Maud ajoute :

— « Je n'aurais pas fait de Yoga à l'année si cela ne m'avait pas été proposé au bureau. C'est venu à moi, je n'avais jamais pensé en faire régulièrement. Le cours est intégré de façon on ne peut plus optimale dans mon emploi du temps : y aller prend "zéro temps", c'est très très important de ne pas avoir de temps de trajet et le fait qu'il soit le midi ne prend ni vraiment sur le temps pro ni vraiment sur le temps perso, c'est un peu une parenthèse hors du temps. »

Cet aspect pratique – pas de temps de transport, intégration simple dans un emploi du temps chargé – semble vraiment être un point capital pour les élèves. Maud insiste aussi sur le fait que l'entreprise a accueilli cette initiative avec bienveillance :

— « On se sent globalement toutes très bien à l'agence et le fait que l'on nous permette de faire du Yoga nous conforte encore plus dans le fait que l'on prend soin de nous. »

Et pratiquer avec ses collègues de travail ? Christèle témoigne :

— « Le cours collectif de Yoga permet une "parité" dans les relations humaines, on s'affranchit de la hiérarchie et on entre en relation différemment même si la démarche est également très individuelle. »

Julie continue :

— « Le fait que ce cours se passe au sein de l'entreprise, c'est juste hyperpratique ! Cela contribue à faire un vrai break dans le travail et à partager des moments sympas avec les collègues. »

Et Lucile ajoute :

— « Le fait que l'on soit dans nos locaux et en équipe est un très grand plus. Nous avons conservé un bon noyau et c'est très chouette ! »

Ce que constate aussi Anne-Christine :

— « Un plaisir de retrouver les collègues dans une activité personnelle et d'évoluer ensemble. »

Quelques-unes ont relié cette pratique à une meilleure performance dans le travail, même si ce n'est pas ce qui est globalement mis en avant :

— « Le Yoga permet aussi une forme d'introspection et de relaxation, dans un monde du travail très "énergivore" et en conséquence peut permettre également de prendre du recul et de gagner en efficacité ou créativité. »

En revanche, pour toutes, le cours est un moment privilégié, et elles mettent en avant l'aspect déstressant des séances.

Anne-Christine :
— « Le cours apporte une bulle de respiration dans la journée de travail et de speed ; c'est très équilibrant pour la journée... et pour la semaine » (cours le mercredi).

Orane :
— « Le Yoga représente une pause essentielle dans la journée et dans la semaine. Il permet de se ressourcer et de se détendre alors que nous vivons des semaines chargées et stressantes. Il nous fait l'effet d'une sieste. Et permet de se libérer de nos tensions. »

Annabelle :
— « Pour moi c'est important de faire une pause au milieu de la semaine, une pause dans tout ce que j'ai à faire, de ne pas penser à cette liste de choses, mais vraiment arriver à couper pendant une heure. Avec le Yoga, j'arrive vraiment à prendre ce temps et à me concentrer sur autre chose, sur mon corps et ma respiration. J'ai le sentiment que ça vide la tête, ça permet de recharger les batteries et de repartir plus en forme pour la suite de la semaine, un peu comme si j'avais une énergie nouvelle. C'est aujourd'hui un moment que j'attends avec impatience dans la semaine et qui me manque lorsque je loupe une séance. »

Et pour finir, je vous propose une phrase de Maud, qui m'a rappelé, si cela était nécessaire, toute la force du Yoga :

— « D'une manière générale le cours est présent toute la semaine à l'esprit, on est dans un tunnel de stress et d'efficacité mais on peut se dire "demain je vais au Yoga" et ça fait du bien à l'avance ou "hier j'étais au Yoga" et ça fait du bien rien que d'y repenser. »

Je me suis rendu compte à travers ces témoignages combien ce cours leur tenait à cœur et combien l'intégration de cette pratique au sein de l'entreprise, à des horaires compatibles avec leur journée de travail, avait permis à nombre d'entre elles de découvrir le Yoga et de maintenir une pratique régulière.

Pour ma part je suis heureuse d'avoir dépassé mes réticences à faire entrer le Yoga dans l'entreprise, du moins dans "cette" entreprise...

Sylvie Prioul, enseignante IFY-IDF




L’odyssée du stress, une ode à la vie

Penser le stress aujourd'hui, c'est prendre conscience de l'usage très répandu, on pourrait dire galvaudé, du mot dans la langue courante et en particulier dans les médias

L'odyssée du stress, une ode à la vie

La vie, une histoire d'équilibre.

Le stress : ce mot évoque à la fois une difficulté, un mal-être, quelque chose qui ne tourne pas rond.

Le monde de l'entreprise en fait grand cas et des formations sur la "gestion du stress" sont organisées in situ pour les dirigeants et les employés.

Les termes : stresseurs, stratégie d'ajustement (coping), méthodes d'évaluation du stress, identification des sources de stress font maintenant partie du vocabulaire et de la vie en entreprise.

 

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) évoquent eux aussi la souffrance en entreprise provoquée par le stress et ses enjeux pour la santé.

La vie quotidienne, familiale, sociale fait aussi le plein de situations dites stressantes. Une véritable épidémie au XXème siècle, à prendre au sérieux.

Pour les non-spécialistes, la familiarité du mot d'un côté et les approches psychobiologiques et sociologiques très pointues de l'autre ont de quoi donner le tournis sinon porter à confusion.
Au fur et à mesure des recherches menées dans les secteurs pluridisciplinaires concernés (endocrinologie, biologie, psychologie, sociologie, éthologie, philosophie...), les connaissances évoluent et avec elles les méthodes proposées comme remèdes au stress.

Les interprétations diverses des chercheurs entre eux et les spécialisations sur tel ou tel aspect rendent la notion de stress encore plus complexe et difficile à comprendre.

Pour une relation simple entre stress et Yoga

Retenir du stress cette sensation de mal-être, de difficulté voire de souffrance et avoir pour objectif d'apaiser ces états permet d'établir des analogies avec le Yoga.

Le texte de référence des adeptes du Yoga, le Yoga-Sutra de Patanjali donne des orientations pour réduire les souffrances petites et grandes, physiques, psychiques, existentielles.

Il est surprenant de constater que des réflexions - méditations - si anciennes sur la vie, transmises il y a plus ou moins 2 000 ans soient encore d'actualité et même d'avant-garde. L'ouverture humaniste des aphorismes du Yoga-Sutra indique des voies pour sortir des difficultés qui sont toujours valables au XXème siècle.

Un petit détour historique est utile pour rappeler l'origine du concept du stress et citer deux chercheurs qui ont permis d'ouvrir la voie à d'autres recherches : Hans Selye et Claude Bernard. Internet regorge d'informations sur le sujet, sur le SAG (Syndrome d'Adaptation Générale), le SAL (Syndrome d'Adaptation Locale) et permet d'approfondir ses connaissances.

Si l'on veut mettre le Yoga au service des situations stressantes, il importe d'éclairer la relation particulière entre stress et homéostasie.

Origine du concept "stress"

Le mot "stress" vient du latin "stringere" : étreindre, serrer, lier. En anglais, "stress" signifie : pression, contrainte et par extension, agression, tension, effort. Il signifie aussi souligner, insister, mettre l'accent sur.

Dans les années 1950, Hans Selye, physiologiste canadien d'origine autrichienne, chercheur en endocrinologie a élaboré la théorie du stress. Il en donne la définition suivante :

« Le stress est la réponse non spécifique du corps à toute demande qui lui est faite »

Autrement dit, le corps répond d'une façon stéréotypée (i.e. : avec les mêmes transformations chimiques) quelle que soit la cause physique, psychologique, environnementale de la demande : par des ulcères gastro-intestinaux, une régression du thymus et des ganglions et une hypertrophie des glandes surrénales.

Tout agent de stress (stresseur) tend donc à changer l'équilibre du corps et ils sont légion : peine de cœur, travail à finir, maladie, colère, bonheur soudain, relation conflictuelle avec un collègue, perte d'un être cher, trac, attentats : la liste n'est pas exhaustive !
Bien sûr, la répétition, la durée, l'intensité du stresseur, feront que le déséquilibre sera plus ou moins – ou pas – dommageable pour la santé.

Chaque corps suivant sa constitution spécifique a ses limites et ses fragilités face aux clapotis quotidiens, vagues et tempêtes de la vie. La façon dont un individu perçoit un contexte stressant aura une incidence plus ou moins intense sur sa santé. Les facteurs affectifs, cognitifs, sensoriels (stress perçu – interprétation de la situation) ont été progressivement pris en considération dans leurs interactions avec le processus biologique.

Homéostasie et stabilité

Vers la fin du XIXème siècle Claude Bernard crée le concept d'homéostasie (W.B. Cannon inventera le nom par la suite : en grec, "stasis" : état et "homoios" : semblable) qu'il définit ainsi :

« Tous les mécanismes vitaux, quelque variés qu'ils soient, n'ont toujours qu'un but, celui de maintenir l'unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur. »

Claude Bernard a appelé « milieu intérieur » le compartiment extracellulaire qui contient le sang et la lymphe et fournit aux 100 000 milliards de cellules du corps humain les conditions nécessaires à leur activité (apport de nutriments, élimination des déchets).

Naturellement, automatiquement et dans sa grande intelligence, le corps tend à maintenir un état d'équilibre constant quelles que soient les perturbations intérieures ou extérieures en perpétuel mouvement.

Un ajustement constant des mécanismes biologiques se fait à notre insu et œuvre à l'autonomie de nos microcosmes individuels en lien avec l'extérieur :

« L'organisme est un système qui ne trouve son équilibre dynamique que grâce à son ouverture sur le monde extérieur, c'est-à-dire grâce à son activité commandée par le système nerveux. »
Encyclopaedia Universalis - article "homéostasie"

Le concept d'homéostasie se réfère à la notion d'état stationnaire : rester le même. Celui de stress à la notion de changement provoqué par toute demande intérieure ou extérieure.

Deux pôles opposés, deux nécessités qui interagissent soit dans l'harmonie (bonne gestion de la nécessité vitale) soit dans l'opposition (obstacle à la nécessité vitale).

Une bonne gestion du stress consiste à créer une relation équilibrée entre les deux,

« la constance du milieu intérieur étant la condition de la vie libre »
(Claude Bernard)

Le stress peut être positif ou négatif

L'équilibre dans la relation ne signifie pas qu'il faille éliminer le stress, pour rester stable.

Hans Selye a continué le reste de sa vie à approfondir, affiner sa recherche et a précisé dans une interview :

« La définition du stress est la réaction à toute demande. Même quand vous dormez, même lorsque vous êtes sous anesthésie, vous avez un peu de stress parce que vous utilisez une certaine partie de votre corps – votre cœur bat, votre respiration continue »

Et en réponse à une question concernant la définition médicale pour désigner qu'un stress peut être positif ou négatif :

« Oui, vous voyez, lorsque j'ai créé le concept je n'ai pas pensé à cette différence, j'ai appelé cela le stress. Mais alors il y a souvent eu de la confusion. Le grand public utilise stress et détresse comme des synonymes, mais ils ne le sont pas. Le stress de la douleur, de la tristesse, de la nervosité, de la souffrance - cela est le mauvais stress, la détresse. Mais le stress de la création, ou le stress d'être capable d'accomplir en prenant les choses avec résilience, on ne veut pas éliminer cela. Il y a donc du bon stress (techniquement appelé "eustress") ou le mauvais stress ("distress") mais la réaction à toute demande est le stress. Il y a toujours du stress, donc la seule considération est de s'assurer qu'il est utile pour soi-même et utile pour les autres. »

Il faut savoir que certaines études actuelles sur le stress en entreprise ne prennent plus en considération cette différence entre bon ou mauvais stress mais parlent de "stress aigu" ou "stress chronique".

Dans tous les cas, le stress reste un processus d'adaptation à toute demande.

Le mot stress n'existe pas en sanskrit, et pourtant...

Patanjali dans le sutra 30 du chapitre I du Yoga-Sutra présente neuf obstacles à l'apaisement de l'esprit et décrit dans l'aphorisme suivant les effets produits par ces obstacles : souffrance, pensées négatives, agitation physique et perturbations respiratoires.

Le mot stress n'existe pas en sanskrit mais ces quatre états cités sont bien les signes d'une situation stressante. Suivent plusieurs propositions pour réduire ces états et revenir à un état d'accalmie du psychisme et du corps. Un conseil est donné : rester avec une seule de ces propositions, comme un support et s'y tenir pendant un certain temps.

Les propositions du Yoga ne sont ni des injonctions ni des déclarations dogmatiques sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Différentes voies sont ouvertes, adaptées aux souhaits et possibilités de chacun.

L'objectif étant toujours d'aller vers une stabilité intérieure et ainsi de se faire l'allié du principe biologique d'homéostasie. Comme une conviction vitale, un désir qui demande un certain effort dans le temps et aussi une confiance, un abandon à la vie.

Choisir l'expiration comme objet d'observation

Si l'on désire réduire les sensations de mal-être ou pour les prévenir, Patanjali, sans exclure d'autres possibilités, propose un remède (sutra 34 du chapitre I) : porter une attention spéciale à l'expiration et à la suspension du souffle à vide (après l'expiration).

Une telle pratique demande à être guidée et à être mise en place régulièrement.

Parallèlement aux techniques respiratoires, le souffle, et particulièrement l'expiration, peut être choisi comme objet d'observation dans la vie quotidienne : il s'agira de suivre ses mouvements, son rythme, juste pour sentir le flux et reflux de la vie en action, sans rien faire.

Pouvoir rester avec de telles sensations, sans projet, sans contrôle, peut faire passer soucis et difficultés au second plan, de telle sorte qu'ils soient presque oubliés, dissous. De petites suspensions à vide (à aménager avec prudence) peuvent donner une sensation immédiate de pure relaxation.

Une expiration confortable et légère libère de l'espace, élimine ce qui fait obstacle à une bonne relation avec l'inspiration et donc avec le monde extérieur. Dans la durée, un étirement en douceur du souffle peut agir comme un baume de sérénité face aux accumulations des pensées obsessionnelles.

Faire le vide en soi, non pas pour le remplir à nouveau mais pour éprouver le profond plaisir d'être au monde.

Rendre hommage à notre nature biologique

Il y a au Japon depuis quelques années dans la mer intérieure de Seto un festival artistique dans quelques îles peu habitées mais réputées de cette mer. Un des projets consiste à donner aux artistes des demeures vides pour qu'elles soient transformées en œuvre d'art.

Rester proche de notre milieu intérieur, comme une mer intérieure (pensons à l'eau contenue abondamment dans le corps), c'est soutenir le processus homéostatique, processus de stabilité intérieure naturelle, automatique et d'une intelligence extraordinaire.

Eviter les obstacles intérieurs, ceux que l'on se forge artificiellement par des présupposés, des jugements hâtifs, des interprétations sur les objets du monde et qui rongent, c'est rendre hommage, se rendre à notre nature biologique et bien au-delà.

Est-il possible de faire de nos demeures intérieures des œuvres d'art, non pas pour les donner à voir mais pour y vivre paisiblement ? Un retour vers soi porté par l'énergie créatrice du souffle. Retour vers une clarté innée ?

Comme un souhait possible : stress sans détresse

Que l'enseignement du Yoga - et pas seulement les postures ! - fleurisse dans le monde du travail : dans les grandes, les moyennes et petites entreprises.

Pour qu'enfin l'on puisse chanter en chœur avec Alain Bashung : « Ma petite entreprise ne connaît pas la crise ».

Marie Colasson, professeur IFY




Le yoga, bien-être et plus si…

Le Yoga, bien-être et plus si...

Le Yoga, bien-être et plus si...

Le Yoga est une discipline à médiation corporelle, et dans tout travail, le corps est concerné.

Les métiers à dominante physique ont beaucoup diminué mais pas disparu complètement de notre région du monde.

Il reste des pénibilités importantes où le corps est soumis :
- à des efforts,
- des contraintes,
- des rythmes (dont les horaires décalés),
qui malmènent le bien-être corporel et perturbent l'équilibre.

L'oubli du corps

En Ile-de-France, les métiers du secteur tertiaire (des services) sont majoritaires.

A son poste de travail, la personne est bien là avec son corps : il ne peut pas être absent, mais il peut être oublié.
Au travail, le souci de production, qu'elle soit matérielle ou immatérielle, impose que le corps soit au service de cette production, le corps ne doit pas la gêner.
Il arrive alors souvent que le corps soit comme silencieux à force d'être discret.

A cela s'ajoute une forme de normativité dans les gestes, attitudes... C'est différent selon le secteur d'activité, l'entreprise, mais il y a des codes et il peut être délicat d'y déroger1.

Pour partie il s'agit de simple respect des règles du "vivre ensemble", mais c'est parfois plus insidieux.

Ces deux points engendrent beaucoup de tensions et une relation à son corps contrainte qui devient facilement une habitude. Cela va jusqu'à l'oubli conscient ou non des besoins essentiels : on ne se nourrit qu'au minimum et à des horaires qui obligent à puiser dans ses ressources, les temps de sommeil ont diminué globalement depuis quelques dizaines d'années.

Sans parler des besoins d'hydratation... qui déclenchent des besoins d'élimination... qui font "perdre du temps" et qu'on repousse le plus tardivement possible - ne riez pas, je vous assure que j'ai entendu et vu cela de nombreuses fois et cela finit pas avoir des conséquences néfastes sur la santé.

Se retrouver

Dans ce contexte, le temps de Yoga a d'autant plus comme fonction de retrouver une relation à son corps simple, naturelle, on pourrait dire une relation de proximité.

Peut-être retrouvera-t-on un corps libre, vivant, qui s'exprime, qui respire, et le désir de bienveillance vis-à-vis de soi.

Cela permettra parfois de prendre la mesure de la fatigue, du stress, espérons-le à temps, et aussi de retrouver un corps qui n'est pas qu'un outil de travail destiné qu'à produire, être efficace, rentable et "présentable" et au fil du temps, d'intégrer la sensation d'"être avec" et d'"être un avec".

Se retrouver, il s'agit de cela, est-ce possible si le cours a lieu sur le lieu de travail ? La composition du groupe et les relations entre collègues peuvent créer une dynamique de groupe ouverte et porteuse, c'est souvent le cas et l'occasion justement d'une relation différente.
On vient au cours de Yoga davantage en tant que personne que professionnel(le) et collègue.

La séance et ses modalités pédagogiques peuvent aider à ce lâcher-prise mais il faudra aussi repartir au travail sans trop de difficulté, sans se sentir "à côté de la plaque" !

Se respecter et respecter l'autre

Le travail ne se fait jamais seul quelle que soit l'activité et le statut, et le Yoga nous invite à des relations "ni hérisson ni paillasson" : se respecter ET respecter l'autre, TOUS les autres !

Pas simple dans le quotidien, où des tensions apparaissent souvent. Qu'il s'agisse de tensions entre collègues, ou avec la hiérarchie dans les deux sens (N+... et N-...), avec les clients, les fournisseurs, le personnel d'entretien et de maintenance informatique...

Pouvoir instaurer des relations respectueuses de soi comme d'autrui, apaisées, même lorsqu'il y a des difficultés de concurrence, de management, cela transforme la vie professionnelle. Le travail peut être une formidable opportunité de mettre en pratique l'éthique du Yoga et d'apprendre à concilier ce qui paraît contradictoire, opposé.

C'est souvent la dégradation des relations qui font basculer dans la souffrance au travail. C'est dur mais on peut "tenir" s'il y a du soutien, de l'entraide, de l'amitié, en bref de la bienveillance - il arrive que ce soit un client qui apporte cette attention -, sans cela le cumul des exigences professionnelles et la pauvreté, voire la dégradation, relationnelle peut vite faire basculer dans le burn-out2.

La solidarité est d'autant plus indispensable que le travail est ingrat mais les indépendants peuvent être très isolés professionnellement et les "cadres sup" souffrent d'une solitude d'autant plus grande qu'ils ne sont pas censés en souffrir et qu'ils sont réputés chanceux et parfois soupçonnés de façon explicite ou implicite de ne pas mériter leur place et les avantages qui vont avec.

Le Yoga, quelle spécificité ?

Préserver son équilibre n'est sûrement pas négligeable mais le Yoga n'est pas qu'une pratique de bien-être, qu'apporte-t-il de spécifique au monde du travail, dans l'entreprise ?
Change-t-il la relation à sa vie professionnelle ?

Qu'en disent les collègues qui ne pratiquent pas mais ont des collègues qui pratiquent ? Cela aide-t-il à trouver sa juste place dans le monde ?

Une enquête serait bien intéressante.

Il serait intéressant aussi par la même occasion de savoir "quel monde du travail" vient au Yoga ? Quels métiers, secteurs sont représentés dans nos cours de Yoga ? Quelles CSP (catégories socio-professionnelles) ? En cours collectifs (en entreprise, en salle, à domicile...), en cours individuels ?

Et quelle image donne le professeur de Yoga, lui-même un professionnel, question plus large qui me fait penser que nous pourrions aussi nous pencher sur le métier de professeur de Yoga, ses conditions de travail...


1 On peut penser aux femmes qui investissent un milieu jusqu'alors masculin et qui adoptent pour s'intégrer des attitudes, vocabulaire, tenue vestimentaire qui se rapprochent de celles de leurs collègues masculins.

2 Le burn-out - syndrome d'épuisement professionnel - demande un suivi médical et psychologique.

Chantal Bourgea
Consultante Bilans de compétences, coach, professeur de Yoga

Pratique de Yoga en entreprise 1

Pratique de Yoga en entreprise 2




Yoga et travail

Yoga et travail

Yoga et travail

Quand Lina Franco m'a contactée pour écrire un article, j'ai été d'abord bien déçue...

Je savais que le prochain thème était "Yoga et créativité" ! Chouette !

Et voilà que je découvre le sujet proposé "Yoga et travail" ! Quelle corvée !
J'ai commencé par répondre que je ne concevais pas le Yoga comme un travail !

Ne pensez pas que je souhaitais prendre la tangente... Bien que formatrice depuis plusieurs années maintenant, le Yoga n'est pas mon activité professionnelle, je continue à exercer mon métier initial.

Je pensais donc ne pas être la mieux placée pour aborder ce thème, mais « Justement ! » m'a-t-il été répondu !

Me voilà attelée à ces travaux d'Hercule ! Découvrons ensemble où ils m'ont conduite...

Yoga et Travail, deux mots porteurs de dichotomie

Première impression : ces deux mots semblaient porteurs de dichotomie ! D'autant que l'étymologie du mot "travail" s'imposait à moi : "tripalium" = ancien instrument de torture !

D'où les sens de "douleur, tourment, fatigue extrême". Bien loin du terme "Yoga" : unir, rassembler, joindre, contempler ! Force est de constater qu'aujourd'hui le monde du travail est souvent associé à un malaise : trop ou pas de travail, harcèlement, burn out...

Beaucoup de pratiquants cherchent alors un apaisement, un équilibre, une meilleure gestion du stress par le Yoga qui offre de nombreux outils efficaces et transférables au quotidien ; de leur côté, de plus en plus d'entreprises s'adressent à nous. Prise de conscience ? Stratégie... ?

Je me réjouis de l'investissement des professeurs qui interviennent pour proposer des projets, des programmes adaptés à une demande spécifique. Pour exemple,
♦ Odile intervient dans une antenne fabriquant des vaccins sur des créneaux de 10 minutes seulement auprès des employés chargés de vérifier la qualité des produits.
♦ Isabelle, quant à elle, infirmière scolaire, propose du Yoga aux enfants dans le cadre de l'éducation à la santé.
♦ Catherine ou Laurence, toutes deux kinésithérapeutes, accompagnent, dans leur secteur professionnel, leurs patients grâce au Yoga.

Les exemples sont nombreux... et encourageants !

Pour autant, ne réduisons pas le Yoga à une activité de bien-être !

Tapas : il est essentiel que le Yoga nous "travaille", qu'il nous permette d'accoucher à nous-même, qu'il soit force de transformation, action durable, érosion de nos conditionnements... comme la mer travaille la falaise (Yogasûtra IV, 11) !

Défions-nous des histoires à l'eau de rose... Svâdhyâya fait écho aux "travaux de recherche", voire "aux grands travaux !". Le périple peut nous conduire dans des contrées à explorer...

Autre enjeu de plus en plus prégnant : la professionnalisation du Yoga

Travaux publics ? Travail d'intérêt général ? Comment œuvrer à la reconnaissance du statut du professeur de Yoga ? Quel cadre officiel trouver pour protéger à la fois enseignants et élèves en conservant autonomie, créativité et qualité de transmission ?

Un des premiers sens de "travail", au-delà de la dimension professionnelle, est l'activité ayant pour but la production des biens et services.

En Yoga, les puruşârtha posent, comme un des quatre piliers de la vie, la nécessité de s'assurer bien-être et sécurité matérielle artha

Traditionnellement, le yogi pratiquait, méditait, enseignait beaucoup et vivait de peu, il s'acquittait ainsi d'une sorte de dette envers son professeur et le monde qui l'avait vu naître (ou renaître ?).
Vocation ? Sens du dharma ou du svadharma ?

Qu'en est-il aujourd'hui ? Multiplication des cours, de l'offre, des centres de pratique ou de formation ; inflation des prix ; publicité et foisonnement des objets "utiles" à la pratique questionnent...

Quelles valeurs souhaitons-nous défendre ? Comment trouver le juste équilibre entre déontologie et nécessité ?

Comme le mot Yoga, le mot travail désigne à la fois l'activité, l'ouvrage lui-même, mais aussi la manière de le réaliser. Patanjali nous invite tout à la fois à îsvarapranidhana : confiance et détachement et à nimitta compétences et intelligence.

Je vote (c'est de saison !) pour que le Yoga demeure un art de vivre et un travail d'orfèvre !

Elisabeth REMY, Formatrice IFY

Pratique Yoga Shavasana quelques respirations