Concevoir, vivre sa grossesse, accoucher : les pouvoirs du yoga

La pratique du Yoga pendant la grossesse est entrée dans les mœurs

Concevoir, vivre sa grossesse, accoucher : les pouvoirs du Yoga

Elle répond à un besoin de bien-être et à un désir d'être actrice de sa grossesse.

En donnant la vie, la future mère a une responsabilité particulière.

La transmission de savoir de mère à fille a presque disparu en Occident, aussi le Yoga par la compréhension de ce qui se joue dans le corps et dans tout l'être est un outil précieux pour un vécu empreint de plus de profondeur, d'intensité et de confiance.

Il intervient en complément du suivi médical.

L'ayurveda – la médecine traditionnelle indienne – pourra aussi être utilisé pour l'alimentation, les soins du corps pendant la grossesse et en préparation de l'accouchement (élasticité des tissus)...

Citons ce qui est spécifique de cet état : la physiologie bien que normale, c'est-à-dire non pathologique, est à un niveau élevé et les changements du corps sont déterminés par les modifications du système hormonal, lui-même influencé par les facteurs émotionnels.

Le Yoga pourra aider à diminuer les maux de la grossesse : reflux gastrique, moindre retour veineux... et pourra accompagner la mère dans les suites de couches.

Une pratique de Yoga adaptée à chaque trimestre de grossesse

La priorité de toute pratique sera le bien-être et le développement optimal de l'enfant, en aucun cas le maintien d'une pratique physique intense. Elle devra tenir compte de l'élève (débutante ou non) et du trimestre de la grossesse, les besoins évoluant au fil des semaines.

Quel que soit le terme, la zone d'apana est le lieu de développement du futur bébé. Le Yoga ne doit interférer à ce niveau ni avec la croissance ni avec les changements de position des organes.

Aussi seront proscrites toutes techniques qui compriment cette zone et s'opposent à la croissance, comme les flexions et extensions intenses, ainsi que les contractions abdominales à l'expiration ; seront également limitées les postures asymétriques et les torsions.

Pendant le 1er trimestre, la croissance est très rapide, la physiologie est à un niveau élevé. La pratique du Yoga doit être très douce pour que l'énergie puisse être utilisée pour le bébé, la respiration et le chant seront à favoriser pour équilibrer l'activité physiologique intense.

Le travail de renforcement des lombaires doit commencer pour pouvoir supporter l'accroissement du poids et du volume.

1. Yoga au premier trimestre de grossesse

Dans ce premier trimestre, les postures les plus adaptées sont :

— les flexions douces avec redressement en pliant les genoux,
tadasana bras en ouverture sur les côtés,
— les extensions douces, mains en appui sur un mur ; cakravakasana.

2. Yoga au deuxième trimestre de grossesse

Durant le 2ème trimestre, la grossesse est installée, il s'agit de soutenir le fonctionnement du système hormonal et d'aligner les fonctions physiologiques.

Les postures adaptées sont :

mahamudra modifié, pour supprimer l'asymétrie au niveau du ventre, avec un rythme In = Ex.

L'allongement du souffle sera travaillé tant que le volume du ventre le permet, et toujours dans une zone de confort.
La région pelvienne doit être travaillée en ouverture (baddha konasana), et le haut du corps fortifié pour préparer les mères à porter leur bébé (hastinishadana : l'éléphant).

3. Yoga au troisème trimestre de grossesse

Pendant le 3ème trimestre, l'augmentation de la taille du ventre réduit la possibilité de mouvements, donc il s'agira de continuer et d'adapter le travail physique déjà mis en place.

Les peurs sont souvent plus nombreuses, il faut les prendre en compte, pour les apaiser. La méditation est une aide précieuse, elle doit être adaptée à l'élève.

Traditionnellement, la méditation devant une bougie placée derrière un voile est très utilisée, elle symbolise la présence cachée de l'enfant.

La future mère doit aussi être préparée à l'accouchement, spécialement à la poussée, la rétention poumons pleins sera travaillée. Les rythmes respiratoires sont abandonnés du fait du volume de l'abdomen qui gêne le fonctionnement du diaphragme.

Une aide à la conception de l'enfant

Le Yoga peut également accompagner les élèves qui ont des difficultés à concevoir, spécialement dans les cas nombreux où aucun problème particulier n'est détecté dans les analyses médicales. Le travail est spécifique, individuel.

Une grande confiance dans cette période douloureuse et un investissement de longue haleine doivent être engagés puisque le système hormonal nécessite un minimum de six mois à un an pour être modifié.

A minima, il s'agira de renforcer le système hormonal, dépendant de nombreux facteurs tant internes comme le système émotionnel, qu'externes comme l'alimentation, les produits de soin (hormones et perturbateurs endocriniens de notre environnement interagissent avec notre propre système).

J'ai eu la chance d'être guidée dans ce travail d'accompagnement d'un jeune couple par le Dr Natasyan Chandrasekaran et par Bernard Bouanchaud. Une charmante petite fille est née, suivie peu de temps après d'un petit garçon.

Anne Schneider,
professeur IFY

Pratique de Yoga femmes enceintes par Anne Schneider