Rencontres nationales de l’IFY : « Prendre soin de l’être »

Auteur: 
PRIOUL Sylvie
Par Sylvie Prioul

Le compte-rendu de journées aussi riches que celles des Rencontres nationales de l’IFY est forcément partiel : il n’est qu’un pâle reflet des discussions et des pratiques dans un groupe donné – il y en avait neuf, regroupant de 10  à 20 personnes – et à travers la vision d’une participante ! Chacune des trois journées étaient consacrées à un aspect de l’être : le corps, le souffle et l’esprit. Les formateurs avaient toute liberté pour traiter ces thèmes.
Ce qui est très vite ressorti de nos échanges, c’est que cette division en trois thèmes, si elle semblait assez évidente pour le corps, était beaucoup plus difficile à établir en ce qui concernait le souffle et l’esprit. Et que la définition du mot « esprit » posait d’emblée un problème. Car, que met-on derrière ce mot qui, en français, offre une pluralité de sens ? C’est là que la limite de la traduction des mots sanscrits nous est apparu et qu’il faut bien, selon l’expression de Martin Neal, parler parfois « patois » !
 
Sacré corps

La première journée de notre groupe qui s’appelait « Sacré-Cœur » a été consacrée au... « sacré corps », selon l’expression d’Elisabeth Rémy qui animait le premier moment d’échange et l’atelier avec Jean-Yves Deffobis. Dans leurs premières interventions, ils ont mis en perspective notre thème avec la position de l’enseignant de yoga, en tant qu’il est amené à « prendre soin de l’autre ». Jean-Yves Deffobis a précisé qu’avant de donner des soins aux autres, ce qui peut être une des motivations du professeur de yoga, il faut d’abord connaître ses propres difficultés intérieures. En tant qu’enseignant, il faut, selon lui, « créer les conditions favorables pour que l’autre advienne. Respecter, écouter les mots, les silences, observer les signes, apprendre à reconnaître et trouver les outils et les transmettre pour que la nature s’exprime, c’est prendre soin de l’être ». Et il sera utile de bien différencier les positions différentes d’enseignant, accompagnant et thérapeute.
Dans « prendre soin », il y « prendre », un verbe d’action, et cela nous rappelle que, dans le yoga, on est acteur ce qui est extrêmement important, car on ne peut pas faire pour l’autre : on peut soutenir, mais on peut pas agir, pratiquer, réfléchir pour l’autre ; cette action se traduit dans le « soin » qu’on peut apporter. Soigner, se soigner – et non guérir –, est à notre portée, grâce au formidable panel d’outils dont dispose le yoga (asana, pranayama, mantra, méditation), outils qui permettent de faire résonner les différents corps, du plus grossier au plus subtil.
Pour aborder le corps, objet de cette première journée, nos deux formateurs sont partis de la métaphore des cinq corps telle qu’elle est décrite dans la Taittîrya Upanishad. Elisabeth Rémy s’est intéressée à la notion d’annam, la nourriture. La première des cinq couches de l’être, annamayam (le « corps de nourriture »), est la couche externe, la plus accessible : « Et on sait que le corps a été pour la plupart d’entre nous la première entrée quand on a débuté en yoga et que ce corps, pour peu qu’on l’écoute, nous parle. » Jouant avec les mots, les deux formateurs rapprochent « soignant » de « soi niant » pour une mise en garde : à vouloir s’occuper des autres, on risque de s’oublier soi-même. Et si on s’oublie, on prend des risques et on en fait courir aux autres.
Pour Jean-Yves Deffobis, le plus difficile des yogas est peut-être celui de la nourriture. L’état d’esprit dans lequel on est quand on mange est peut-être plus important que ce qu’on mange vraiment. Dans les textes védiques il est dit qu’être un hôte nourrit ; le bonheur de préparer la nourriture nourrit, comme peut nous nourrir un paysage, une musique, le chant, que nous pratiquerons à plusieurs reprises durant ces journées. Trois questions permettent de savoir si la nourriture a été bénéfique : suis-je stable (sthâyitva, stabilité), pas malade (ârogia, bonne santé) et est-ce que je me sens léger (lâghava, légèreté) ?
 
Le sacrifice du souffle

La seconde journée est consacrée au souffle. Malek Daoud rappelle que, dans la tradition indienne, il y a un mouvement énergétique quintuple – les cinq souffles ou vayu (prana, apana, samana, vyana, uddhana) – et que le seul but de la pratique d’asana est de pouvoir atteindre les vayu et peut-être de les modifier. Dans notre organisme, les changements sont permanents et seule l’observation va permettre d’orienter le changement (parinama) (YS, III-15). Par ce travail sur les vayu, nous entrons en contact avec la deuxième couche de l’être : pranamayam.
Nous faisons l’expérience au cours d’un atelier de la transformation qui peut s’opérer grâce à des indications liées aux phases respiratoires : le même enchaînement simple est pratiqué sans consigne particulière, puis avec des consignes telles que : l’inspiration permet l’expansion ; à l’inspiration, absorption de la lumière, à l’expiration, cette lumière se répand ; à l’inspiration, je reçois un cadeau, à l’expiration j’offre ce cadeau à mon être intérieur… Le travail à trois – un pratiquant et deux observateurs – permet de constater les changements induits par ces consignes sur le corps en mouvement.
François Lorin intervient ensuite sur le même sujet. Nous abordons la question de la manière de respirer qu’a introduite Krishnamacharya : il s’appuyait sur le verset IV-28  de  la Bhagavad Gîtâ – « Certains sacrifient le souffle qu’ils expirent dans le souffle qu’ils inspirent ; ils bloquent l’un ou l’autre et se concentrent sur le contrôle du souffle » – et justifiait ainsi la descente du souffle inspiré de prana vers apana et celle du souffle expiré d’apana vers prana.
Le mot « sacrifice » vient du latin sacrum facere – « faire une cérémonie sacrée » : l’idée de sacrifice dans la Bhagavad Gîtâ est une idée ancienne, reliée aux cycles de la nature. Etant fils et filles de la prakriti, nous ne pouvons pas nous affranchir des cycles naturels. Mais le temps objectif de la nature est à l’opposé du temps subjectif de la psyché : c’est la fréquentation du souffle (le pranayama) qui permet de se libérer du temps psychique et de retrouver la conscience de cette cyclicité. 
Nous pratiquons ensuite deux postures simples que nous choisissons avec pour but l’allongement du souffle, en particulier la phase expiratoire, pratiquées en dynamique six fois. Puis une posture symétrique tenue en statique avec rétention à vide ou a plein. Nous avons ensuite deux possibilités de pranayama : soit nadi shodanam, soit pratiloma ujjayi, en introduisant des rétentions à vide ou à plein et en écoutant le son subtil produit par le freinage de l’air. Puis en savasana, nous nous interrogeons intérieurement – quels ont été les renoncements forcés dans notre vie ; quels ont été les accomplissements… –, puis nous laissons s’effacer ce questionnement en déplaçant l’attention vers la terre et vers le ciel et terminons en assise.
Certains pratiquants ont senti de la résistance à l’exercice : ce facteur de protection empêche d’aller où on ne doit pas aller et la résistance est une expérience au même titre que le lâcher-prise. Ces deux situations sont des miroirs qui permettent de réaliser que « je ne suis pas l’expérience, mais que je suis l’espace dans lequel l’expérience a lieu ». Les exercices de yoga ne sont que des artifices, des situations expérimentales, pour passer de l’état d’acteur à celui de spectateur, puis de voir que les deux ne font qu’un ou que l’on est ni l’un ni l’autre… Et François Lorin termine : « On n’a pas d’autre choix que de constater impuissant le déroulement de sa vie. »

Esprit, es-tu là ?

Nous commençons avec un chant à deux voix, composé dans les années cinquante par Giuseppe de Marzi, Signore delle cime. Martin Neal nous explique pourquoi il a choisi d’introduire cet atelier sur l’esprit par un chant. En se référant à Desikachar, qui disait qu’il faut quelque chose pour le corps, quelque chose pour le mental et quelque chose pour l’esprit, il précise qu’il y a pour le corps les asana ; pour le mental, le pranayama et la méditation ; pour l’esprit, le chant. Et Desikachar suggérait d’aller chercher dans sa propre culture des nourritures pour l’esprit et pour la méditation.
Mais cet « esprit » qui est à l’ordre du jour, est un mot qui en français possède de nombreux sens. Cette polysémie fait que nous ne sommes pas toujours sûr de parler de la même chose ! L’anglais offre davantage de précision, puisqu’il différencie mind (mental) et spirit (entité qui n’est pas matière). Michel Alibert explique que ce mot – qui vient du latin spiritus, le « souffle » (pneuma en grec) – a une telle indétermination en français que, pour lui, nous devons utiliser le « patois », c’est-à-dire les termes sanscrits. Et après un débat sur ce que chacun mettait derrière ce mot et si l’on devait plutôt chercher du côté du purusha – le souffle du purusha qui anime la prakriti –, de sattva (buddhi pour Patanjali), ou même d’asmita – une proposition de Michel Alibert qui nous a étonnés –,  nous sommes tombés d’accord que, dans le mot « esprit », il y a quelque chose, une impulsion, qui vient d’ailleurs.
Dans la vie, on peut expérimenter qu’il y a parfois des choses fortes qui viennent de cet ailleurs et en être bousculé : ce genre de situation est une petite indication qu’il y a une instance en nous qui a la puissance de nous suggérer des actions. Même si l’action semble difficile, il faut se lancer : il y a des situations qui ne se produisent pas deux fois...
« Quand on est heureux, je crois qu’on est sur la bonne voie », conclut Michel Alibert, et Martin Neal ajoute : « Dont worry be happy ! »
 
 
 
 
 
 
 

T.K.V. Desikachar, une histoire de transmission

Auteur: 
PRIOUL Sylvie
Par Béatrice Viard

« Avant même que T. K.V. Desikachar ne quitte ce monde, mais alors qu'il était déjà très malade et ne pouvait plus enseigner depuis quelques années, l'idée de témoigner de ce qu'avait été le fait de le rencontrer, de travailler avec lui, m'est apparue essentielle. J'en ai fait part à Béatrice Viard.
Ceux qui ont côtoyé de près et pendant longtemps ce professeur représentatif d'une tradition solide et vivante, cet homme si marquant, sont eux-mêmes en train de vieillir, voire de disparaître, et il y a déjà urgence. 
Il ne s'est pas agi dans ce livre d'en parler sur le ton d'un éloge dithyrambique, et pourtant les différents témoignages convergent pour donner la mesure de cet être rare qui, en dépit des résistances rencontrées autour de lui, a œuvré à éveiller chez ses élèves des vocations de passeurs entre Inde et Occident. »
 
J’ai reçu cette proposition de Laurence Maman au tout début du mois de mars 2016 et je l’ai accueilli avec enthousiasme. Peter Hersnack, alors hospitalisé, a été le premier à qui j’ai proposé de participer. Il était mon ami, je savais l’attachement et la fidélité extrêmes qu’il avait pour Desikachar. Celui-ci l’avait formé au yoga à Madras dans les années 1970-1975. Leur relation de profonde amitié est restée vivante pendant quarante-six ans et les conditions du retrait progressif de T.K.V. Desikachar dans les dernières années l’affectaient profondément. Peter m’a soutenue dans ce projet, dans lequel j’espérais aussi qu’il trouverait un support pour traverser l’épreuve qui était la sienne. Les choses en ont été autrement. Peter est parti pour un autre monde trois semaines plus tard, le 25 mars, et les textes signés de lui qui figurent dans le livre, nous ont été confiés par Colette Hersnack.
Je me suis adressée ensuite à ses premiers élèves français et belges, qui se rendaient régulièrement près de lui à Madras, certains depuis 1965, et, guidée par Laurence Maman, à d’autres élèves, auprès desquels elle a bien voulu m’introduire.
Desikachar s’est éteint quatre mois plus tard, au petit matin du 8 août 2016 à Chennai. J’avais déjà interviewé Claude Maréchal et reçu un écrit de Sriram – deux de ses élèves de la première heure. J’ai reçu aussi toutes sortes de documents d’archives, qui sont réunis dans un cahier central d’une cinquantaine de pages.
Le livre est sorti en juin 2017, pour les Rencontres nationales de l’IFY. Il réunit 22 témoignages, dont un de la fille de Desikachar, Mekhala. Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive : j’ai contacté ceux que je connaissais et ceux vers qui Laurence Maman m’a introduite. Tous n’ont pas non plus répondu positivement à mon appel.
L’urgence ne m’apparaît que maintenant que le livre est fini. Pour ceux qui ont été ses élèves, pour ceux qui ont été les élèves de ses élèves, du temps où T.K.V. Desikachar était encore vivant, la conscience de la source était vive : Desikachar avait fondé le Krishnamacharya Yoga Mandiram – K.Y.M. Il y enseignait et recevait des patients avec toute une équipe soudée autour de lui, dont sa femme, Menaka, dans l’ombre du grand yogi vieillissant, auprès duquel il a vécu jusqu’à la mort de celui-ci. Nombreux sont ceux qui ont eu l’occasion de rencontrer Desikachar lors de ses voyages en Europe et des séminaires ou conférences qu’il animait ou de se rendre en Inde, au K.Y.M pour y étudier.
Maintenant, une époque est révolue. Krishnamacharya est décédé en 1989, T.K.V. Desikachar en 2016. Entre-temps, deux des élèves du grand maître étaient partis : B.K.S. Iyengar le 20 août 2014 et Pattabhi Jois le 18 mai 2009.
Le beau documentaire de Jan Schmidt-Garre, Le Souffle des dieux, relate un yoga d’un temps révolu, un yoga d’il y a cent ans, enseigné à des jeunes Indiens destinés aux plus hautes carrières militaires et politiques. T.K.V. Desikachar n’y figure pas car il était déjà souffrant et son fils a préféré qu’il en soit ainsi.
Or, après son installation à Madras, à la fin des années 1940, l’enseignement de Krishnamacharya n’a cessé d’évoluer en résonnance avec les changements de la société elle-même et de ceux qui s’adressaient à lui. Il a enseigné aux femmes et aux Occidentaux, ce qui était totalement novateur par rapport au monde ancien. Il a enseigné aux Indiens d’un monde en pleine transformation, introduit la respiration dans les postures, sans doute sous l’effet d’un changement de la capacité respiratoire qui accompagnait un changement de mode de vie et mis l’accent sur l’enseignement individuel qu’il plaçait au-dessus de tout autre, montrant bien à quel point le yoga doit être toujours une réponse à une question particulière, chaque personne étant différente. Desikachar a vécu près de son père toute cette deuxième partie de sa vie et, à partir du milieu des années 1960, a transmis à nombre d’Occidentaux ce yoga adapté à son époque. Ceux qui se sont rassemblés en 1982 pour promouvoir cet enseignement ont fondé une Fédération qu’ils ont appelée : Fédération française de Yoga Viniyoga, mot qui désignait cette exigence d’adaptabilité du yoga à la situation présente. Ceci est le grand défi de ce yoga, car le présent est par définition ce qui change tout le temps. Krishnamacharya est mort depuis vingt-huit ans, Desikachar depuis près d’un an. Peter Hersnack qui a inspiré tant d’élèves par sa recherche si créative et si fidèle à la fois est parti lui aussi. Ce livre ouvre la voie à cette fine et périlleuse recherche qui consiste à rester fidèle à une source.
Soyons attentif. Une source ce n’est pas une citerne. C’est vif, ça bouge, ça se renouvelle sans cesse, et pourtant l’eau y a toujours le goût inimitable de la terre et des roches qui l’enfantent.


T.K.V. Desikachar, une histoire de transmission, Les Cahiers de Présence d’Esprit.
Peux être commandé sur le site : www.presencedesprit.org (envoi gratuit à partir de 8 ex.)
Ou par courrier à : Les cahiers de Présence d’Esprit, 28 cours Maurice-Trintignant, 84290 Sainte- Cécile-les-Vignes.
Une version en langue anglaise sera bientôt téléchargeable sur le site des Cahiers.
 
 
 
 
 

Concevoir, vivre sa grossesse, accoucher : les pouvoirs du yoga

La pratique du Yoga pendant la grossesse est entrée dans les mœurs

Concevoir, vivre sa grossesse, accoucher : les pouvoirs du Yoga

Elle répond à un besoin de bien-être et à un désir d'être actrice de sa grossesse.

En donnant la vie, la future mère a une responsabilité particulière.

La transmission de savoir de mère à fille a presque disparu en Occident, aussi le Yoga par la compréhension de ce qui se joue dans le corps et dans tout l'être est un outil précieux pour un vécu empreint de plus de profondeur, d'intensité et de confiance.

Il intervient en complément du suivi médical.

L'ayurveda – la médecine traditionnelle indienne – pourra aussi être utilisé pour l'alimentation, les soins du corps pendant la grossesse et en préparation de l'accouchement (élasticité des tissus)...

Citons ce qui est spécifique de cet état : la physiologie bien que normale, c'est-à-dire non pathologique, est à un niveau élevé et les changements du corps sont déterminés par les modifications du système hormonal, lui-même influencé par les facteurs émotionnels.

Le Yoga pourra aider à diminuer les maux de la grossesse : reflux gastrique, moindre retour veineux... et pourra accompagner la mère dans les suites de couches.

Une pratique de Yoga adaptée à chaque trimestre de grossesse

La priorité de toute pratique sera le bien-être et le développement optimal de l'enfant, en aucun cas le maintien d'une pratique physique intense. Elle devra tenir compte de l'élève (débutante ou non) et du trimestre de la grossesse, les besoins évoluant au fil des semaines.

Quel que soit le terme, la zone d'apana est le lieu de développement du futur bébé. Le Yoga ne doit interférer à ce niveau ni avec la croissance ni avec les changements de position des organes.

Aussi seront proscrites toutes techniques qui compriment cette zone et s'opposent à la croissance, comme les flexions et extensions intenses, ainsi que les contractions abdominales à l'expiration ; seront également limitées les postures asymétriques et les torsions.

Pendant le 1er trimestre, la croissance est très rapide, la physiologie est à un niveau élevé. La pratique du Yoga doit être très douce pour que l'énergie puisse être utilisée pour le bébé, la respiration et le chant seront à favoriser pour équilibrer l'activité physiologique intense.

Le travail de renforcement des lombaires doit commencer pour pouvoir supporter l'accroissement du poids et du volume.

1. Yoga au premier trimestre de grossesse

Dans ce premier trimestre, les postures les plus adaptées sont :

— les flexions douces avec redressement en pliant les genoux,
tadasana bras en ouverture sur les côtés,
— les extensions douces, mains en appui sur un mur ; cakravakasana.

2. Yoga au deuxième trimestre de grossesse

Durant le 2ème trimestre, la grossesse est installée, il s'agit de soutenir le fonctionnement du système hormonal et d'aligner les fonctions physiologiques.

Les postures adaptées sont :

mahamudra modifié, pour supprimer l'asymétrie au niveau du ventre, avec un rythme In = Ex.

L'allongement du souffle sera travaillé tant que le volume du ventre le permet, et toujours dans une zone de confort.
La région pelvienne doit être travaillée en ouverture (baddha konasana), et le haut du corps fortifié pour préparer les mères à porter leur bébé (hastinishadana : l'éléphant).

3. Yoga au troisème trimestre de grossesse

Pendant le 3ème trimestre, l'augmentation de la taille du ventre réduit la possibilité de mouvements, donc il s'agira de continuer et d'adapter le travail physique déjà mis en place.

Les peurs sont souvent plus nombreuses, il faut les prendre en compte, pour les apaiser. La méditation est une aide précieuse, elle doit être adaptée à l'élève.

Traditionnellement, la méditation devant une bougie placée derrière un voile est très utilisée, elle symbolise la présence cachée de l'enfant.

La future mère doit aussi être préparée à l'accouchement, spécialement à la poussée, la rétention poumons pleins sera travaillée. Les rythmes respiratoires sont abandonnés du fait du volume de l'abdomen qui gêne le fonctionnement du diaphragme.

Une aide à la conception de l'enfant

Le Yoga peut également accompagner les élèves qui ont des difficultés à concevoir, spécialement dans les cas nombreux où aucun problème particulier n'est détecté dans les analyses médicales. Le travail est spécifique, individuel.

Une grande confiance dans cette période douloureuse et un investissement de longue haleine doivent être engagés puisque le système hormonal nécessite un minimum de six mois à un an pour être modifié.

A minima, il s'agira de renforcer le système hormonal, dépendant de nombreux facteurs tant internes comme le système émotionnel, qu'externes comme l'alimentation, les produits de soin (hormones et perturbateurs endocriniens de notre environnement interagissent avec notre propre système).

J'ai eu la chance d'être guidée dans ce travail d'accompagnement d'un jeune couple par le Dr Natasyan Chandrasekaran et par Bernard Bouanchaud. Une charmante petite fille est née, suivie peu de temps après d'un petit garçon.

Anne Schneider,
professeur IFY

Pratique de Yoga femmes enceintes par Anne Schneider




La femme enceinte, une pratiquante de Yoga presque comme les autres

Si le Yoga est un chemin de transformation, la grossesse aussi...

La femme enceinte, une pratiquante de Yoga presque comme les autres

Ils devaient donc se rencontrer !

La pratique du Yoga durant cette période de remue-ménage – physique et psychique – que traverse la femme enceinte est une aide précieuse, qui ne se substitue en rien au suivi médical, mais remet la femme face à elle-même dans une relation apaisée avec son corps, ses sensations et l'enfant à naître.

De plus en plus de médecins encouragent d'ailleurs la pratique du Yoga à la fois avant mais aussi après l'accouchement

De nombreux professeurs de l'IFY proposent des cours pour femmes enceintes, et ce n'est pas un hasard car l'adaptation à la personne, qui est au cœur de l'enseignement de l'IFY, doit être le maître mot quand on s'adresse aux femmes enceintes.

Certains professeurs ont suivi des formations complémentaires, en particulier celle dispensée par Bernadette de Gasquet, une référence en la matière.

Dans cette optique d'adaptation, le cours individuel semble la meilleure solution, puisqu'il permet au professeur de proposer une pratique personnalisée. Que la femme découvre le Yoga à l'occasion de sa grossesse ou qu'elle soit une pratiquante de longue date.

Mais le cours individuel doit être accompagné d'une discipline personnelle : en effet, la femme devra pratiquer chez elle les séances élaborées avec le professeur. L'avantage de cette formule est de pouvoir pratiquer le temps qu'on veut (parfois la femme pourra ressentir le besoin d'une courte séance plusieurs fois par jour) et au moment de la journée qui convient le mieux.

Pourtant de nombreuses femmes se tournent plutôt vers le cours collectif

Cette formule, qui ne permet pas un suivi aussi fin de chaque femme, offre l'avantage de favoriser la rencontre : les femmes peuvent partager leurs expériences, parler de ce qu'elles ressentent non seulement avec le professeur mais aussi entre elles et la discussion après le cours est un moment très important et souvent très animé !

C'est souvent là qu'on entend parler du père, le grand absent des cours de Yoga... A ce propos, Bernadette de Gasquet propose dans son livre Bien-être et maternité des exercices à pratiquer à deux, en particulier des postures suspendues.

Dans le cours collectif, le professeur, qui se retrouve avec des femmes enceintes de quatre mois et d'autres à trois semaines du terme, doit pour sa part faire preuve d'une grande souplesse... dans la construction du cours !

De prodigieux changements au cours de la grossesse

On ne dira jamais assez que la grossesse n'est pas une maladie. Mais elle est accompagnée par des changements physiologiques et physiques drastiques dans le corps en raison des fortes poussées hormonales.

Ces changements ont des répercussions sur la respiration, la statique, le rythme cardiaque... et doivent être pris en compte dans le cours de Yoga. Sans viser à l'exhaustivité, voici quelques pistes de réflexion.

La statique générale

L'équilibre est modifié avec le déplacement du centre de gravité – ce déplacement est plus prononcé au troisième trimestre de la grossesse – et on constate une déstabilisation à la marche, ainsi que l'accentuation de la lordose lombaire (ce qui peut entraîner des douleurs lombosacrées) ainsi que celle de la cyphose dorsale.
Le bassin bascule vers l'arrière et les appuis augmentent sur l'avant-pied.

Le professeur doit donc être très vigilant sur la position du bassin dans les postures debout. Des postures qui placent le bassin en asymétrie, comme virabhadrasana, doivent être pratiquées avec un écart de pieds réduit.

La respiration

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans l'accélération du rythme respiratoire de la femme enceinte. Elle s'explique tout d'abord par l'effet de la progestérone sur le système nerveux central et le bulbe rachidien, là où se fait la régulation de la respiration.

Ensuite, plus la grossesse avance, plus le bébé prend de la place et exerce une pression sur le diaphragme (à la fin de la grossesse, le bébé va descendre dans le bassin et la respiration sera plus aisée).

Il faut donc ménager des pauses dans la pratique pour réguler la respiration. Si la femme est très essoufflée, cela peut aussi être causé par de l'anémie. Tout essoufflement prolongé doit donc inciter à la plus grande prudence.

Les modifications cardio-vasculaires

Il y a globalement augmentation du travail cardiaque : on évitera donc la tenue de postures en statique pour privilégier le dynamique et le semi-statique (avec précaution).

La circulation sanguine est transformée par la compression de la veine cave inférieure, au fur et à mesure de l'avancée de la grossesse. La position sur le dos (decubitus dorsal) peut être mal vécue de ce fait : on privilégiera alors le decubibus latéral gauche qui permet une moindre compression de la veine cave par l'utérus.

Le relâchement ligamentaire

Certaines hormones (relaxine, œstrogènes et progestérone) augmentent le relâchement ligamentaire.

Les articulations du bassin, dont la symphyse pubienne, deviennent plus souples et ce pour faciliter le passage du bébé lors de l'accouchement. Cette hyperlaxité a donc une grande utilité, mais il faut cependant veiller à ne pas forcer sur ces ligaments lors de la pratique. Et cela surtout pour les pratiquantes assidues qui pourraient avoir envie de profiter de cette souplesse accrue pour "aller plus loin" que d'habitude.

Le cerveau

Une récente étude, publiée dans la revue scientifique Nature Neurosciences, vient de mettre en évidence que la grossesse a aussi un retentissement sur le cerveau.

Grâce aux techniques d'imagerie cérébrale, les chercheurs ont constaté une diminution de la matière grise dans les régions qui sont impliquées dans les interactions sociales comme la perception et l'interprétation des désirs, des émotions, des intentions et de l'humeur d'autrui ou de soi-même.

— « Il n'est pas question d'envoyer un message du type "être enceinte vous fait perdre du cerveau", avertit la chercheuse Elseline Hoekzema. Une perte du volume de matière grise peut aussi représenter un processus bénéfique de maturation ou de spécialisation. »

Ces modifications, qui perdurent deux ans après l'accouchement, interviendraient pour préparer la mère aux exigences de la prise en charge de l'enfant.

C'est à un être transformé, chamboulé, jusque dans son cerveau, que le professeur de Yoga est confronté. Un temps d'échange avant toute pratique doit permettre l'ajustement du cours (postures debout ou assises, pranayama, chant...) en fonction de l'avancement de la grossesse, de l'état général, et on utilisera sans modération coussins, sangles, supports, ballons, etc. pour assurer confort et détente.

Avec un seul but : donner confiance dans les capacités du corps et du psychisme à vivre l'aventure de la grossesse et de la naissance.

Sylvie Prioul, professeur IFY




INSTANT THE - Yoga & Grossesse

Quatre professeurs, quatre parcours différents avec pour point commun une formation en yoga pré et post-natal à l'Institut du Docteur Bernadette de Gasquet à Paris

Quatre professeurs avec une formation en yoga pré et post-natal à l'Institut du Docteur Bernadette de Gasquet à Paris

Je me suis formée récemment au Yoga pré et postnatal à l'Institut de Gasquet à Paris quand Lina Franco m'annonce que le prochain thème de la newsletter sera « Yoga et grossesse » !

Hasard du calendrier ?!

En tout cas le timing est parfait et j'ai dans l'idée de réunir trois professeurs de mon département, le 92, aux profils différents qui pourront partager leurs réflexions, conseils et lectures sur cette période particulière de la vie d'une femme.

C'est dans son joli appartement baigné de soleil que Marie a eu la gentillesse de nous recevoir Elodie, Sylvie et moi-même un jeudi après-midi.

Quatre professeurs, quatre parcours différents avec pour point commun une formation en Yoga pré et post-natal à l'Institut du Docteur Bernadette de Gasquet à Paris.

Une discussion passionnée s'est tenue pendant plus de deux heures, mais le temps est tout de même passé trop vite...
Au départ bien assises sur nos chaises et nos chaussures aux pieds, c'est sur le tapis du salon en chaussettes que nous nous sommes finalement retrouvées à mimer, comparer, comprendre et montrer aux autres les postures essentielles pour la femme enceinte !

Voici quelques extraits de notre rencontre.

Créer du lien avec les futures mamans

Sylvie :
— « Je commence toujours par un temps de parole au début du cours pour connaître les mamans et leurs petits bobos, je me présente à elles. Les mamans viennent chercher ce temps de parole qui est aussi important pour elles que les temps posturaux ».

Elodie, Marie :
— « Oui le temps de parole au début du cours est nécessaire. Il permet de savoir où elles en sont physiquement, émotionnellement, de leur apporter des réponses en postures ou grâce à la respiration pour soulager leurs maux ».

Déroulé de cours de Yoga pour femmes enceintes

Sylvie :
— « Ma base de cours est souvent identique car donnant des cours à l'Institut sur Paris, il y beaucoup de passage, je n'ai jamais les mêmes élèves. Je débute en assise avec un travail sur la respiration puis le ressenti avec le périnée contracté.

— Ensuite un travail qui part du haut du corps avec des mouvements de bras, étirements latéraux, puis un passage en quatre pattes (dos rond / dos creux) pour bien ressentir la respiration abdominale... ensuite allongé avec la posture du demi-pont, etc.

— Je trouve qu'il faut bien 5 séances pour comprendre le placement dans les postures. Le travail de Gasquet est axé sur la biomécanique du corps. Du bon placement de la posture dépend la bonne respiration. Je garde également toujours du temps pour une relaxation finale ».

Elodie, Marie :
— « On peut commencer en assise ou allongé, cela dépend de la forme des élèves et de leur terme. Les postures pieds au mur en viparitakarani mudra et celle allongée en supta baddha konasana détendent beaucoup et/ou permettent de relancer la circulation du sang.

— Nous puisons aussi des postures dans le Yoga traditionnel qui peuvent se mixer avec des postures de Gasquet. Pour varier les plaisirs ! ».

Le lien corps-esprit

Marie :
— « C'est bien souvent en pratiquant le Yoga à la maternité que les femmes commencent à prendre conscience de leur corps, de leurs tensions, de leurs douleurs et des moyens de les relâcher. Pour un premier bébé, le cours de Yoga prénatal permet aussi aux femmes qui ignorent souvent ce qu'est le périnée et de l'endroit où il se trouve de prendre conscience de cette zone. Il faut leur expliquer avec des mots simples et imagés ».

Marie et Elodie :
— « Nous avons remarqué que parfois l'équipe médicale peut avoir un discours qui décourage certaines femmes qui ont un projet de naissance précis, par exemple accoucher sans péridurale, et qui ne veulent pas d'une surmédicalisation.

— Notre rôle est aussi de les écouter, de les convaincre de leurs capacités à pouvoir le faire si elles en ont vraiment envie mais aussi de leur dire de rester ouvertes aux autres options qui pourraient se présenter le jour J (césarienne, forceps ou autre...) pour vivre le mieux possible leur accouchement et rester en phase avec leur corps ».

Le Yoga postnatal

Lors de cette rencontre, nous avons aussi rapidement évoqué la période de l'après grossesse qui laisse souvent la nouvelle maman un peu seule, désorientée avec un corps qu'elle ne reconnaît plus et un enfant à faire grandir dont elle ne connaît pas encore le mode d'emploi !

Le Yoga postnatal avec son bébé est aussi un moment qui leur permet de se retrouver et de continuer à tisser un lien à l'extérieur avec lui puisque certaines postures associent le bébé.

Enfin, des ateliers spécifiques "maman-bébé" se développent et connaissent un grand succès. Marie et Elodie propose des ateliers "massage et étirements maman-bébé" dans les maternités et comme Sylvie, elles se formeront bientôt aux ateliers "relation mère-enfant" dispensés à l'Institut de Gasquet.

Pour finir voici quelques lectures indispensables à notre petit groupe que je remercie encore de cet agréable après-midi de partage ;) Le contact est établi, nous aurons un grand plaisir à nous revoir.

Bibliographie :
« Bien-être et maternité », par le Docteur Bernadette de Gasquet, Ed. Albin Michel
« Le Yoga pendant la grossesse et après l'accouchement », par Françoise Barbira Freedman, Ed. Pearson Pratique
« Après l'accouchement : le guide complet de la période postnatale », par Sylvia Gaussen, Ed. J'ai Lu
« Il n'y a pas de parents parfaits », « Au cœur des émotions de l'enfant », par Isabelle Filliozat, Ed. Poche Marabout

Delphine Pingault, professeur IFY

Marie Garcier s'est formée au Yoga à Paris avec un professeur indien et a choisi de se spécialiser pendant sa deuxième grossesse en Yoga prénatal et postnatal selon la méthode du Docteur Bernadette de Gasquet. En 2014, elle fonde sa société "Yoga for You" et dispense des cours de Yoga dans plusieurs hôpitaux et maternités de l'ouest parisien.

Elodie Prou travaille avec Marie. Elle est enseignante de Hatha Yoga, pratiquante de divers types de Yoga dynamiques comme le Vinyasa et l'Ashtanga. Elle s'est également formée au Yoga prénatal et postnatal à l'Institut de Gasquet.

Sylvie Dijoux est diplômée de l'EFY, praticienne en Ayurveda, certifiée en Yoga Nidra, spécialisée en Yoga prénatal et postnatal à l'institut de Gasquet et elle est également formatrice à l'Institut.

Delphine Pingault est professeur à l'IFY et dispense des cours adultes et enfants. Elle s'est récemment spécialisée en Yoga prénatal et postnatal à l'Institut de Gasquet.

L'Instant Thé est un moment convivial donnant l'occasion à des professeurs d'un même département de se rencontrer et d'échanger sur la thématique du Yoga, des cours, des élèves... Il permet de tisser des liens entre professeurs dont les lieux de résidence et d'enseignement sont parfois éloignés les uns des autres. Autour d'une tasse de thé et de petits gâteaux, de jeunes professeurs et d'autres plus expérimentés, donnant quelques heures de cours par semaine ou vivant du Yoga, peuvent librement échanger sur leur expérience, leurs questionnements (cours, ateliers, techniques, astuces, lieux) et découvrir des affinités qui pourraient déboucher sur des projets communs...

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Professeur de yoga pour femmes enceintes : « Un grand bonheur »

Si le Yoga n'a pas de recette miracle, il permet de mieux vivre la grossesse, préparer l'accouchement et se rétablir en douceur

Professeur de Yoga pour femmes enceintes : un grand bonheur

Mais le professeur de Yoga doit se rappeler que chaque femme est différente et chaque grossesse aussi.

Mon "parcours" pour devenir maman m'a permis de mieux comprendre et d'accompagner les femmes dans cette période si merveilleuse et si bouleversante qu'est celle de concevoir, donner et accompagner la vie.

Etre professeur de Yoga pour les femmes enceintes est un bonheur et un moment privilégié pour créer un lien durable avec l'élève.

Je l'accompagne parfois même avant son projet de naissance, pendant, après (avec bébé en atelier ou sans en post-natal) et parfois nous avons la chance de pouvoir nous retrouver pour d'autres grossesses.

Un lien de confiance, de tendresse se fait dans le respect de l'autre, de son vécu et de sa propre intimité. Chacune reste a sa place, mais est à l'écoute : j'écoute afin de pouvoir proposer une une pratique adaptée et mes élèves écoutent pour pratiquer en conscience et en confiance.

Un maître mot : ADAPTER les cours de Yoga aux femmes enceintes

Ainsi, en début de séance, je commence par la "bobologie" du moment afin de proposer une pratique juste et adéquate à chacune ; ce qui n'est pas toujours aisé en partant du principe que la grossesse n'est pas la même pour toutes et que leur date d'accouchement n'est pas le même !

Et lorsqu'une posture semble trop difficile vient la boîte à idées du Yoga en proposant d'autres exercices similaires pour pallier une difficulté particulière.

On peut ainsi utiliser couverture, cales, tabouret ou chaise pour de nombreux exercices qui à l'origine étaient prévus en position debout ou assise au sol. Pratiquement toutes les postures auxquelles nous recourons pendant la grossesse peuvent être modifiées et adaptées de façon à faciliter leur réalisation et augmenter le bénéfice pour les pratiquantes.

C'est donc une séance qui tient compte des modifications créées par la grossesse et s'inspire plus que jamais de l'esprit de ViniYoga : adapter !

La nécessaire acceptation des changements

Le corps, la respiration pendant la grossesse se trouvant modifiés, la pratique de mouvements et de postures appropriées permet aux élèves d'unifier corps, souffle et mental. Cette unification permet d'orienter l'attention et l'observation vers une meilleure compréhension d'elles-mêmes.

On pourrait dire que la grossesse est une période propice à la découverte de son corps et à l'acceptation des changements.

Cette pratique pourra l'aider à retrouver une certaine confiance dans cette période ou le mental joue des tours et où les émotions jouent à cache-cache ! Ce grand bouleversement est ainsi mieux compris et même mieux accepté pour certaines.

Cette observation et cette confiance permettent également de rentrer en communication plus facilement avec le bébé tout comme la pratique du son lors de certaines postures ou le pranayama.

L'aventure ne s'arrête pas à la naissance...

La fin de séance se fait tout en douceur : repos, visualisations, pranayama en fonction du moment de la séance (matin, midi, soir) et de la fatigue de chacune. Les respirations sont "autour" du bébé, conscientes, profondes, douces...

Inspirer en accueillant l'air et en créant un espace de joie puis expirer avec acceptation et confiance...

Un moment d'échange est aussi important en fin de pratique. Des questions, des observations, des conseils de professeur – parfois même de maman – s'improvisent.

Pour moi être professeur c'est créer du lien dans l'écoute, la bienveillance et le respect de l'autre en proposant une pratique adéquate pour chacune en fonction du moment où elle vient me trouver. C'est pour cela également que je propose à mes élèves de revenir après la naissance pour pratiquer avec leur bébé lors d'atelier Maman/Bébé afin de prolonger ce lien et ce partage.

L'aventure continue... Le Yoga évolue à chaque âge de la vie.

Mélaine Bonnet,
Professeur de Yoga à Reims et Paris
Sa page Facebook

Séance de Yoga pour femmes enceintes de 5 à 6 mois de grossesse




Le yoga prénatal : approcher le mystère de la vie

Cela fait maintenant presque dix ans que je donne des cours de Yoga prénatal

Le Yoga prénatal : approcher le mystère de la vie

Une expérience qui me permet d'avoir davantage conscience des points sur lesquels je souhaite insister lors de mes cours.

De façon générale, les postures me paraissent très précieuses durant ces neuf mois où le bébé se construit.

Pour une future maman, prendre une heure par semaine pour se mettre à l'écoute, à travers le Yoga, de la multitude de changements qui s'effectuent pendant la grossesse est loin d'être du luxe !

Ce temps pour soi et pour l'enfant à naître est souvent très utile pour éviter ou atténuer les maux de dos, les sensations de pesanteur sur la symphyse pubienne, le sentiment d'oppression thoracique...

C'est aussi un temps essentiel pour se sentir devenir, pas à pas, la mère de cet enfant qui est en train de grandir en soi.

Le bassin : premier berceau du bébé

Je commence souvent mes cours en pointant le rôle essentiel du bassin.

Je mentionne qu'il s'agit du premier berceau du bébé et que l'un des objectifs du Yoga va être d'essayer de faire en sorte que le bébé reste le plus contenu possible dans ce bassin, afin qu'il se sente en sécurité, non déporté vers le vide, et de façon aussi à ce que le ventre ne tire pas trop sur la colonne vertébrale.

Les cas de déni de grossesse témoignent que physiologiquement il est possible que le bébé se loge totalement à la verticale et ne soit quasiment pas visible depuis l'extérieur : une situation qui change dès que la mère prend conscience de sa grossesse, l'enfant peut alors cesser de se cacher et occuper l'espace du ventre (ce qui au passage illustre les liens profonds entre la conscience et le corps physique...).

De fait, il est possible dans une grossesse classique, d'essayer de faire de la place sur les côtés, en haut et en bas, de façon à ce que l'enfant aille le moins possible chercher cette place vers l'avant.
Pour ce faire, les postures comme celles de la demi-lune, les étirements de la colonne vertébrale sont très utiles.

Admettre les changements du corps

Le deuxième point sur lequel je tente de mettre l'accent concerne le fait de porter la vie.

Etre enceinte dans une société qui valorise la minceur et le ventre plat, ne va pas forcément de soi. Voir leur ventre s'arrondir, prendre du poids, s'alourdir, sentir que leur corps leur échappe peut être vécu, par certaines femmes, comme une expérience douloureuse.

Le Yoga permet assurément de dépasser les apparences et de faire primer le corps intérieurement ressenti sur le corps perceptible depuis l'extérieur : le corps vivant, vibrant, celui qui, grâce à la présence de cette nouvelle vie en lui, s'embellit, s'enrichit.

J'essaye pour ma part de transmettre l'idée que c'est une grande chance d'être enceinte : la possibilité de se relier, à travers cette vie qui se construit en soi, à toute l'intelligence du vivant.

Le corps nous permet déjà en temps normal, lorsque nous prenons le temps de l'écouter, de nous imprégner de cette connaissance immémoriale qu'il porte en lui, mais durant la grossesse cette imprégnation est décuplée.
C'est une plongée dans l'énergie des origines. Soit, si on s'accorde la possibilité de vivre pleinement cet état, un véritable bain de jouvence...

Faire de la place dans son corps et dans son cœur

Je tente également de rendre concret ce petit être qui est en train de se construire en chacune des personnes que j'accompagne.

J'invite les futures mères à entrer en contact avec lui, à tisser le lien à travers la respiration ventrale, en posant leurs mains sur leur ventre. Je les encourage à nourrir ces mains de présence, cette présence à laquelle les nourrissons sont extrêmement sensibles et c'est sans aucun doute le plus beau des cadeaux que l'on puisse faire à un enfant : être là, pleinement là avec lui.

Je propose aux femmes d'essayer de faire passer à travers leurs mains tout ce qu'elles ont envie de transmettre à leurs bébés : de la douceur, de la tendresse, de la délicatesse. Tout en gardant ces mains également réceptives à tout ce que leur bébé a lui aussi envie de partager avec elles, tout ce qu'il a d'ores et déjà envie de leur faire connaître de lui.

J'insiste sur le fait que c'est important que leur enfant puisse sentir, à travers leurs mains, qu'il a de la place non seulement dans leur corps mais également dans leur cœur, dans leurs pensées, dans leur temps...

Le corps sait accoucher

Je pointe le fait que le corps sait accoucher, que c'est un savoir ancestral qui lui appartient, un savoir animal et que ce qui entrave bien souvent la fluidité de la naissance ce sont les peurs.

Peur de ne pas y arriver, peur d'être trop fatiguée, peur d'être débordée, dépassée, de ne plus maîtriser, peur surtout de l'inconnu...

Des peurs qui surviennent lorsque la conscience s'échappe du moment présent et se tourne vers le futur. Dans ce contexte, le souffle, l'attention au souffle peut grandement les aider dans la traversée des contractions et notamment, la respiration de la vague proposée par Martine Texier, dans son livre L'Attente sacrée (Ed. du Souffle d'or).

J'insiste sur le fait que si elles parviennent à trouver l'équilibre sur le fil du présent, elles pourront bénéficier de ce temps extrêmement précieux entre les contractions, temps où la douleur soudain disparaît et laisse la place à une grande énergie liée à l'intensité des contractions. Temps de soulagement, de récupération et de préparation pour accueillir au mieux la contraction suivante.

Enfin, j'essaye de les sensibiliser au moment de la rencontre avec leur enfant. De façon à ce qu'elles puissent approcher, un peu plus concrètement, ce que va vivre leur bébé à ce moment-là : passage du monde aquatique au monde aérien, rencontre de la force de l'attraction terrestre, sensations directes du toucher, audition des bruits, des voix (qui dans le ventre lui parvenaient de façon assourdie...).

De façon à ce qu'elles puissent aussi vivre, avec le plus de conscience possible, ce moment de passage de l'invisible au visible...

Nathalie Mlekuz, professeur IFY

À LIRE la "bible" du Yoga prénatal : Bien-être et Maternité, de Bernadette de Gasquet, Ed. Albin Michel.

Pratique de Yoga prenatal




Rencontre avec Françoise Dupont, professeur de Yoga

« Etre là, me désencombrer pour être pleinement disponible, présente à l'autre »

Portrait de Françoise Dupont, professeur de Yoga à Paris

Je rencontre Françoise Dupont à Paris lors de sa pause déjeuner, elle occupe un poste prenant : Directrice de projets dans le domaine de la publicité et des médias.

Comment es-tu venue au Yoga ?

Enceinte de sa première fille, Françoise se tourne vers le Yoga. Sa professeure travaille avec une sage femme qui assure la préparation à l'accouchement.

Cette préparation s'avère très adaptée, Françoise en garde une forte impression.

Un peu plus tard, c'est la découverte de l'enseignement IFY avec Marie-Christine Poulenc, Françoise suit ses cours pendant huit ans, l'enseignement est différent de ce qu'elle connaissait : la structure, le contenu des cours, la pédagogie, la relation professeur-élève et les Yoga sutra.

Quand Marie-Christine arrête les cours collectifs en 1995, Françoise rencontre Marina Margherita par l'intermédiaire de l'IFY avec laquelle elle continue aujourd'hui son cheminement.

Quand tu t'es engagée dans la formation de professeur de Yoga, tu souhaitais enseigner ?

Françoise s'engage dans le premier cycle de formation de Marina (de 2002 à 2006), sans avoir l'intention, à ce moment-là, d'enseigner.

Mais elle souhaite consacrer son mémoire au Yoga prénatal et elle a besoin d'expérimenter et d'apporter du concret à ce travail. Une collègue enceinte lui fournit l'opportunité de commencer à enseigner.

Ensuite, Françoise démarre un cours collectif, ses élèves sont majoritairement des jeunes femmes... qui parfois sont enceintes. Proposition est faite alors d'un accompagnement en cours individuel car il apparaît rapidement que le cours collectif est peu adapté surtout s'il s'agit d'une première grossesse.

Depuis lors, le cours collectif et les cours individuels de Yoga prénatal se poursuivent.

Comment définir, nommer cet accompagnement ?

C'est se préparer physiquement à « accueillir la vie » grâce aux techniques du Yoga (postures, respiration, son) sans oublier l'essentiel : « accompagner la vie qui se développe en soi ».

— « Pendant le cours, le bébé est présent, c'est merveilleux, plus la mère est relaxée et plus il réagit. »

Françoise identifie quatre grands axes de travail :

accompagner les transformations du corps,
atténuer les désagréments qui peuvent survenir pendant la grossesse,
préparer la future maman à l'arrivée de son enfant et commencer la relation avec lui/elle,
préparer à l'accouchement physiquement et psychologiquement.

Qu'est-ce qui fait le fil rouge de ton enseignement ?

— « La relation différente de chaque femme à la maternité. La nécessité de beaucoup d'échanges pour "comprendre là où elle en est et quelle est son attente profonde" ce qui met un temps à se dévoiler. »

Le Yoga prénatal englobe aussi le post natal : le changement de vie après la naissance, l'acceptation de la relation avec l'enfant, devenir mère est un changement majeur. Aux trois trimestres de la grossesse avec leurs besoins différents s'ajoute un quatrième temps à anticiper.

Aujourd'hui, Françoise constate qu'il très important d'anticiper ce changement de vie : les femmes sont souvent dans une logique de contrôle pour « tout gérer », mais il y aura peut être les nuits sans sommeil et les responsabilités professionnelles à assurer le lendemain...

Le Yoga prénatal doit préparer aussi à un éventuel imprévu, la naissance n'est jamais un événement anodin : « être le plus possible dans la conscience et au plus près de ce qui arrive permet d'être le mieux à même de faire face à l'imprévu ».

Et toi-même, comment te prépares-tu avant un cours ?

— « Etre là, me désencombrer pour être pleinement disponible, présente à l'autre » est un prérequis.

Le cours débute souvent par des respirations et/ou du son que Françoise pratique avec son élève, ainsi se fait la mise en relation. Françoise accorde la plus grande importance à l'observation qu'elle définit comme « une forme de méditation ».

Quelles sont tes formations complémentaires, tes sources ?

Les livres et stages de Bernadette de Gasquet qui est aussi médecin et travaille en maternité.

Le travail avec Marina, très sensible à tout de qui touche à la vie des femmes, et beaucoup de recherches sur la maternité.

Des projets ?

En retraite l'an prochain, Françoise pense continuer l'enseignement du Yoga tout en gardant de la disponibilité pour sa vie personnelle et familiale... mais le sujet est en questionnement !

Interview de Françoise Dupont le 14 février 2017 par Chantal Bourgea,
Professeurs IFY.

Séance de Yoga prenatal au 7eme mois de grossesse

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J'ai découvert le yoga sur mon lieu de travail

Lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'accepterais de donner un cours en entreprise, je lui ai demandé un moment de réflexion, le fait d'introduire la pratique du Yoga dans le cadre du travail ne me semblant forcément une bonne chose

J'ai découvert le Yoga sur mon lieu de travail

Entretien avec Maryse Jobert

« Un Instant Thé sur le thème du "Yoga en entreprise" »... J'ai souri en entendant Nicole Héguy évoquer ce sujet et c'est tout naturellement que j'ai accepté son invitation à venir en parler. »

« Comment refuser, alors que mes premiers pas en Yoga ont eu lieu sur mon lieu de travail ? »

« C'est en voisine et par un après-midi pluvieux que j'ai rendu visite à Nicole, chez elle à Montmartre, pour répondre à ses questions. »

Maryse, comment s'est passée ta première expérience ?

— « J'avais 30 ans, statisticienne, je travaillais à l'époque au ministère de la Santé. Jeune mère, je me sentais un peu dépassée par le rythme des journées et mes multiples occupations. L'association sportive du ministère proposait de nombreuses activités (badminton, course à pied, gymnastique... et Yoga).
C'est avec curiosité que j'ai été à ce premier cours. J'ai tout de suite senti que "j'avais frappé à la bonne porte".
Mon professeur était, elle aussi une jeune femme, elle s'appelait Bernadette Pistre et je suis sûre que tu la connais, elle se nomme maintenant Bernadette De Gasquet. Le cours était tonique, assez exigeant et les moments de repos bienvenus. La relaxation finale a été une vraie bonne surprise. Je suis repartie reposée. »

Comment vivais-tu ces rencontres ?

— « Assez vite, j'ai essayé de protéger cet espace, de faire que ce rendez-vous soit régulier. Et ce n'était pas si simple. Je me souviens de l'ambiance du cours, après l'agitation de l'arrivée, le temps n'était plus le même. Il semblait plus dense. Je me souviens avoir découvert ma souplesse mais aussi ma difficulté dans le cobra, mon cœur qui s'affolait de façon inexplicable, mon enthousiasme devant la variété des postures, le plaisir du mouvement et certains moments suspendus. Je revenais d'où, après ce sphinx préparé soigneusement ? Cette heure m'est vite devenue indispensable, une heure pour m'occuper de moi, me recentrer. »

Qu'est ce qui a fait que tu as poursuivi dans cette voie ?

— « Tout cela est un peu mystérieux ! Sans être malade, j'avais des fragilités et j'ai expérimenté assez vite que cette voie me permettrait de "me faire du bien", de préserver l'énergie et d'éviter ainsi la prise de médicaments. Comprendre ses forces et ses faiblesses, corporelles mais aussi psychologiques me semblait aussi "faire partie du voyage".
Et puis, la curiosité était toujours là, quelques "découvertes" aussi et je voulais en savoir plus. C'est ainsi que je me suis inscrite assez vite à la formation proposée par Claude Maréchal. J'ai poursuivi cette étude très longuement et au fil du temps et des sollicitations, j'ai accepté d'animer un cours sur les mêmes lieux. C'est ce que j'ai fait pendant plus de quinze ans. »

A ton avis, le Yoga en entreprise a-t-il des particularités, par rapport à un cours proposé dans un autre contexte ?

— « Les pratiquants, pour certains mes collègues directs, étaient médecins, ingénieurs sanitaires, pharmaciens... Comment ne pas vouloir amener dans cet espace, toute la richesse du Yoga ? »

— « Pendant ces années d'enseignement, mon objectif global était de faire de cette heure une parenthèse "protégée". Je connaissais le contexte et l'implication dans leur travail des personnes qui venaient là. Elles arrivaient au cours assez tendues (fin de matinée, la tête encore occupée par les activités qu'elles avaient interrompu pour venir). Nous étions deux enseignantes et proposions des horaires différents. Nous avions convenu que j'accueillerais les nouveaux élèves. Cette obligation, au fil de l'année, était une contrainte à accepter. De même que la nécessité d'accueillir toute personne voulant pratiquer. La plupart du temps, les gens se déterminaient pour une plage horaire et non pour un enseignant en particulier. »

— « A l'époque, je commençais à étudier avec Peter Hersnack et je dois dire que sa créativité m'a nourrie et m'a permis de proposer les ajustements nécessaires. Le groupe était assez hétérogène : un noyau régulier et avancé, des pratiquants plus occasionnels ou "fragiles" et quelques nouveaux à deux reprises dans l'année. J'animais un seul cours par semaine mais je dois dire que mon esprit en était occupé bien au-delà. C'était très motivant. Yukti prenait tout son sens dans cette situation, mais je me sentais quelquefois un peu démunie, malgré tout. »

Quelle leçon tires-tu de ces années ?

— « Avec le recul, je pense que cette situation a renforcé ma confiance dans le Yoga. Je rencontre de temps en temps, des personnes qui me rappellent avoir débuté le Yoga dans ces lieux et avoir poursuivi. Certains ont suivi des formations et enseignent maintenant. Anne Lebeaupin, ancienne présidente de l'IFY, a bénéficié de ces cours. »

Et maintenant ?

— « Retraitée depuis neuf ans, j'enseigne en cours particulier. J'apprécie vraiment la relation qui s'installe progressivement et la recherche patiente du Yoga adapté. Cette année, une surprise, la demande de jeunes couples de pratiquer ensemble. »

— « Le Yoga et l'entreprise... je trouve qu'il serait intéressant d'organiser un échange entre enseignants engagés dans ces lieux et je me pose quelques questions : sont-ils nombreux ? dans quel type d'entreprise enseignent-t-ils ? Le temps de travail s'étant réduit, densifié, éclaté, y a-t-il encore un espace pour cette pratique ? Quelles consignes reçoivent-ils ? »

Propos recueillis par Nicole Héguy




Yoga en entreprise : réflexions et témoignages

Réflexions et témoignages de professeurs de l'IFY sur le stress en entreprise et les bienfaits du Yoga

Yoga en entreprise : réflexions et témoignages

De plus en plus d'entreprises s'ouvrent au Yoga et proposent à leurs salariés la possibilité de revenir à leur corps, leur respiration, de relâcher en quelque sorte la pression pour mieux repartir ensuite.

Trois professeurs de l'IFY nous livrent ici leurs réflexions et témoignages sur le stress, si présent dans nos vies et sur les bienfaits du Yoga après quelques cours :

♦ Marie Colasson,
♦ Sylvie Prioul,
♦ Nicole Héguy.

Penser le stress aujourd'hui, c'est prendre conscience de l'usage très répandu, on pourrait dire galvaudé, du mot dans la langue courante et en particulier dans les médias.

Marie Colasson

Ce mot évoque à la fois une difficulté, un mal-être, quelque chose qui ne tourne pas rond. Le monde de l'entreprise en fait grand cas et des formations sur la "gestion du stress" sont organisées in situ pour les dirigeants et les employés.

Les termes : stresseurs, stratégie d'ajustement (coping), méthodes d'évaluation du stress, identification des sources de stress font maintenant partie du vocabulaire et de la vie en entreprise.

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) évoquent eux aussi la souffrance en entreprise provoquée par le stress et ses enjeux pour la santé.

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Lorsqu'une de mes élèves m'a demandé si j'accepterais de donner un cours en entreprise, je lui ai demandé un moment de réflexion, le fait d'introduire la pratique du Yoga dans le cadre du travail ne me semblant forcément une bonne chose.

Sylvie Prioul

J'ai ensuite discuté avec elle de la façon dont les cours pourraient s'organiser : elle m'a expliqué que cette demande était entièrement à son initiative et que l'employeur - une entreprise de communication - avait accepté de prêter une salle de réunion pour cette activité.

Pratiquant elle-même depuis de nombreuses années, elle avait su regrouper un petit nombre de personnes décidées à se lancer dans l'aventure du Yoga... en entreprise. Je me suis donc moi aussi lancé !

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Un Instant Thé sur le thème du "Yoga en entreprise"... Comment refuser, alors que mes premiers pas en Yoga ont eu lieu sur mon lieu de travail ?

Nicole Héguy

J'ai souri en entendant Nicole Héguy évoquer ce sujet et c'est tout naturellement que j'ai accepté son invitation à venir en parler.

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